Bon pour l’environnement ?


L’environnement est censé avoir une valeur intrinsèque qui tue tout débat de valeurs le concernant. Nos actions sont censées être bonnes pour l’environnement, reflet de cette valeur intrinsèque.

Bon pour l’environnement est une expression vide de sens car lenvironnement est trop complexe pour imaginer qu’il existerait une ligne verte qu’il suffirait de suivre pour être bon pour lui.

Et lui n’est pas bon pour nous.

Qu’elle pertinence pourrait avoir l’idée d’être bon pour l’environnement sous un soleil cancérigène qui démontre que lui ne se soucie pas de l’être pour nous ? Parmi les quelques cancers dont les agriculteurs sont plus souvent victimes que la population en général, figurent les cancers de la peau et celui des lèvres. Soleil qui aveugle ceux qui le regardent droit dans les yeux. Ajoutons-y les tremblements de terres, les tsunami, les inondations, les sécheresses, l’orage qui foudroie aveuglement les imprudents et les malchanceux ; le tétanos qui guette le promeneur mal vacciné, des tiques tapies dans les herbes folles dans l’attente de sucer notre sang, en nous refilant la maladie de Lyme et quelques autres ; les guêpes, les moustiques, les ronces, les cerises… les cerises ? - oui, j’ai une tante allergique aux cerises, capables de la tuer : ce qui est sain pour les uns ne l’est pas nécessairement pour les autres -, la radioactivité qui peut atteindre des niveaux dangereux même en l’absence de toute industrie nucléaire - il suffit d’habiter sur des roches comprenant du radon1 -, les multiples poisons que recèlent les plantes qui nous entourent, qui se livrent à une guerre chimique dont l’étude, en plein développement, s’appelle l’allélopathie.

Notons au passage que la toxicité d'une molécule est toujours relative et une molécule toxique ou repoussante pour certaines formes de vie peut être attractive pour d'autres, qui ont contourné ou détourné à leur profit les voies de toxicité2. Le cacao peut tuer votre chien. Notre corps est l'écosystème potentiel de tout un tas de bestioles, microbes et autres virus qui ne demandent qu'à se régaler qui de notre sang, qui de nos poumons, qui de notre foie. Qui nous tuent sans se rendre compte que nous existons ni que ce faisant, ils exploitent leurs ressources de manière non durable. On peut mourir de la rencontre avec un serpent ou de déguster une simple omelette aux champignons des bois… mort naturelle ?


Bon pour l’environnement est une expression vide de sens, mais qui confère un pouvoir social et politique à qui peut en contrôler un tant soit peu le sens pratique.

La tentation est grande, pour certains scientifiques, de s’arroger le droit de définir ce sens pratique. Ils ne devraient jamais recevoir ce droit.


Bon pour l’environnement est une expression qui s’apparente à la sémantique édénique.




1Selon l’organisation mondiale de la santé, entre 3 % et 14 % des cancers des poumons seraient dus au radon, selon la prévalence du tabagisme.

2Tiré de Wikipédia, article Allélopathie.