Voir aussi le chapitre La démocratie confisquée


Beaucoup de gens le remarquent : la démocratie se porte mal. Nombreux sont ceux qui accusent la mondialisation.

Ce site défend que la cause de ce déclin est plus précisément la mondialisation des idées, historiquement celle de l’environnement car c’est celle qui a suscité le plus de nouveaux concepts, suivie beaucoup plus récemment par celle des technologies qui rattrape celle de l’environnement à grand pas et s’allie avec elle à l’occasion.

Cette mondialisation des concepts environnementaux doit beaucoup à une révolution spirituelle et religieuse qui s’est produite dans les pays anglo-saxons, principalement aux États-Unis, se voulant toutefois ouverte à d’autres formes de spiritualités, extrêmes orientales ou issues des « peuples autochtones » par exemple.

Cette révolution à largement échappée aux citoyens et dirigeants des pays qui, France en tête, pratiquent des formes de neutralité religieuse de l’état très poussées. Ces pratiques ont filtré le fond religieux des concepts environnementaux qui gouvernent nos vies et nos lois. Nous ne savons fondamentalement plus de quoi nous parlons quand nous évoquons l’environnement. C’est la mort du débat démocratique par ignorance des enjeux idéologiques. Une sémantique édénique s’est répandue, gouvernant aujourd’hui le discours dominant sans faire l’objet d’aucun débat public. Celle-ci a fortement altéré le concept de pollution, entraînement dans ses bagages des principes nouveaux tels que le principe de précaution, le principe de non-régression, le concept de préjudice écologique et bien d’autres.

Nos élus en sont devenu les simples courroies de transmissions d’idéologies qui n’émanent plus du corps social mais d’une vaste nébuleuse née de la mondialisation. Dans cette nébuleuse sévissent de nombreuses formes de biais de confirmation, ce phénomène par lequel des personnes partageant des visions idéologiques semblables se confortent les unes les autres dans leurs interprétations erronées des réalités qui nous entourent. Et le multilatéralisme qui règne dans cette nébuleuse pèse paradoxalement de toute sa verticalité sur le commun des mortels.

Nos élites, coupées de leurs racines sociales, se transforment peu à peu en caste.


Nombreux sont ceux qui cherchent des remèdes.

On parle de nouvelle démocratie, souvent pour avancer des procédés démocratiquement douteux, à base de sondages ou d’assemblées de citoyens tirés au sort fortement encadrés par des experts.

La dictature des sondages n’est pas la démocratie. Elle tue le débat public. Permet à ceux qui rédigent les questions d’imposer leur vision du monde. Donne le pouvoir à ceux qui peuvent manipuler l’opinion publique. Tue la légitimité élective.

Pourquoi encore voter, si les élus sont liés par les sondages et les concepts issus de la mondialisation ? Quelle est encore leur plus-value sociale ?

Il n’y pas que les caissières des supermarchés qui risquent de perdre leur emploi en conséquence de l’intelligence artificielle. Les élus pourraient passer à la trappe s’ils ne reprennent en main le débat idéologique.

Certains proposent une fuite en avant, vers un gouvernement mondial. Ainsi Hans Joachim Schellnhuber, président fondateur de l'institut climatique de Potsdam, conseiller du gouvernement allemand et conseiller du Vatican lors de l'accord de Paris, a proposé une démocratie mondiale, disposant d'une Constitution de la Terre, d'un Parlement mondial élu et d'une Cour de Justice Planétaire.

En 2007, plus de 270 ONG se sont unies dans une campagne visant à transformer l'ONU en démocratie parlementaire.

Pour y arriver, il faudrait commencer à abolir le pouvoir indu que les ONG y ont reçu. Ce n’est pas le moindre paradoxe de l’entreprise.

Il faudrait transformer tous ses membres en démocraties – ou en exclure les dictatures, enterrant au passage la mondialisation de l’environnement qui est le but de l’entreprise. Et rendre la parole à la société réelle. Utopique ?