En fait les systèmes que nous isolons mentalement ne sont pas seulement inclus dans de plus larges, mais se chevauchent, s’entremêlent et interagissent aussi ensemble. L'isolation est partiellement artificielle, mais c'est le seul moyen possible par lequel nous pouvons procéder.

Cet extrait de l’article de 1935, écrit par Tansley, ou apparaît pour la première fois le terme écosystème, est ce qui est nommé avertissement de Tansley dans ce blog.

Il fait de l’écosystème un outil purement mental, à utiliser faute de mieux. Une découpe en partie arbitraire de l’environnement pour nous en faciliter l’étude. Dans son étendue spatiale comme dans l’échelle choisie pour l’étude.

Une conception nominaliste de l’écosystème, parfaitement en phase avec la conception nominaliste de l’espèce darwinienne.

Il n’a pas d’essence, c’est en somme une tranche d'un ensemble qui n'est pas un tout. Il en découle que les écosystèmes n'ont pas de frontière précise. Nombre d'espèces franchissent les limites qu'il faut bien choisir à des fins d'étude, faute de quoi il n'y a rien à étudier.

À fortiori, l'idée d'un écosystème stable, équilibré, harmonieux ou simplement fonctionnel n'a aucun sens.

Le concept inventé par Tansley est difficilement compatible avec la définition de l’Écosystème figurant dans la convention de 1992 : le complexe dynamique formé de communautés de plantes, d'animaux et de micro-organismes et de leur environnement non vivant qui par leur interaction, forment une unité fonctionnelle.

Et absolument incompatible avec la définition donnée (en 2022) sur le site de l’institution onusienne en charge de la convention (www.cbd.int): Les écosystèmes sont des communautés autorégulées de plantes et d'animaux qui interagissent les uns avec les autres et avec leur environnement non vivant – forêts, zones humides, montagnes, lacs, rivières, déserts et paysages agricoles. Les écosystèmes sont vulnérables aux interférences, car la pression exercée sur une composante peut perturber l'équilibre tout entier. Ils sont également très vulnérables à la pollution. De nombreux écosystèmes ont déjà été perdus et beaucoup d'autres sont menacés. Les forêts du monde abritent environ la moitié de la biodiversité mondiale. Mais ils disparaissent à un rythme de 0,8% par an. Les forêts tropicales disparaissent à un rythme annuel de 4%. (ma traduction de l’anglais).

Définition remarquable par son credo en l’harmonie  du monde

Harmonie que nous avons brisée, détruisant au passage la biodiversité.

Alors que d’autres écosystèmes ont certainement étés créés et qu’une autre biodiversité est apparue. Pas la bonne pour l’ONU, semble-t-il. Car d’origine humaine et non divine ?