Avertissement : Il ne s’agit pas ici de critiquer les études techniques relatives à l’environnement. Bien les préjugés idéologiques avec lesquels on les considère.


La Biodiversité est la toile de vie qui nous connecte tous…

Le ton holiste et organiciste de la cop15 de la biodiversité est donné le 7 décembre 2022 par Inger Andersen, directrice de l’UNEP, sous-secrétaire générale de l’ONU, et ancienne présidente de l’IUCN – ce Temple de la Conservation.

Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à nous frayer un chemin à travers la fragile toile de la nature et de la biodiversité pour ouvrir la voie au développement humain...cette COP est notre dernière chance de commencer à protéger et réparer la toile de vie…

Un chantage à la «dernière chance» qui est devenu un classique des cops climatiques. Ici au service d’une culpabilisation du développement alors qu’y renoncer punirait le plus durement les pays les moins développés.

Elle émane d’une représentante du monde occidental, formée à l’idéologie de la conservation de la nature. On devine l’irritation de nombre de représentants des pays en voie de développement dont les dirigeants nous expliquent depuis cinquante ans que la crise environnementale ne doit pas servir à les empêcher de se développer comme nous l’avons fait.

Il est bien loin le temps de la Conférence de Stockholm (1972), première grande conférence sur l’environnement qui, dans son Principe n°8 disait :

Le développement économique et social est indispensable si l'on veut assurer un environnement propice à l'existence et au travail de l'homme et créer sur la terre des conditions nécessaires à l'amélioration de la qualité de la vie.

Et Andersen d’appeler à créer un cadre pour renverser les cinq cavaliers de l’apocalypse de la biodiversité décrit par l’IPBES : les changements dans l’utilisation des terres et des mers, la surexploitation des espèces, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives non-autochtones.

Madame Andersen nous prévient qu’une fois adopté l’accord servira comme plan pour conserver, utiliser de manière durable et rebâtir la toile de vie. Si la toile de vie s’écroule, nous tomberons avec elle. Mais si nous la remettons à flots et la rendons plus forte, elle supportera tous le poids de l’humanité pour les siècles à venir.


Auparavant, le secrétaire général de l’ONU s’était laissé aller à ses insultes maintenant habituelles à l’encontre de l’humanité, dans la lignée de son discours de 2020, nous accusant d’être en guerre contre la nature, d’être devenus des armes de destruction massive - nous intimant l’ordre d’arrêter notre orgie de destruction - et d’être hors d’harmonie avec la nature. Car pour lui nous jouons un chant différent. Depuis des centaines d’années, de par le monde, nous avons conduit une cacophonie de chaos jouée sur des instruments de destruction.


Dur, dur d’avoir un ennemi de l’humanité à la tête de l’ONU.


Et non, l’humanité n’est pas une destructrice mais une créatrice. Le plus grande présente actuellement sur terre. Bien sûr, cela se fait toujours en changeant l’environnement et il n’en faut pas plus pour être qualifié de destructeurs par les conservateurs anti-humanistes.

Bien sûr, nous nous sommes développé trop vite… mais l’objectif doit être de rendre notre développement durable, en l’ouvrant aux plus pauvres. Pas de tout conserver pour conserver sur base de l’idée que notre environnement a une valeur intrinsèque.

Et non, nous ne faisons pas la guerre à la nature. Elle ne se soucie d’ailleurs pas de nous ni d’être harmonieuse. Et ne l’est pas.


Ce qui n’empêche l’UNEP d’avoir publié en 2021 un plan sur la manière de faire la paix avec la nature. À guerre imaginaire, solutions imaginaires ? Ce serait aller trop vite de négliger les propositions présentes dans ce texte mais il est préoccupant d’y lire que nous faisons partie d’une toile de vie. Que le planète a, comme un organisme, une santé que nous devrions protéger. Notre santé serait liée à celle de la planète et de l’environnement qui, comme celle des écosystèmes, sont imaginaires. Ni la planète ni l’environnement ne sont doté d’une santé.

Cette Holistic one health approch (Une seule santé holiste) du texte mixant le tout dans un bouillon mystique de santés réelles et imaginaires a de quoi faire peur.

À Stockholm, en 1972, notre salut était encore largement basé sur le concept de développement social et économique. Aujourd’hui, si le droit au développement est encore mentionné dans le texte final, il est en pratique devenu synonyme de guerre à la planète. Notre salut et notre santé tiennent au maintient des imaginaires santés de la planète et de l’environnement sous forme d’une santé holistique intégrée.

De fait, la COP eut tout l’air d’une guerre. Mais entre humains. Et diplomatique. Avec in fine un accord. Acquis hors des délais mais qui, selon Madame Andersen, représente un premier pas vers le rétablissement de notre relation avec le monde naturel. L’ensemble du système onusien est prêt à soutenir son application afin que nous puissions vraiment faire la paix avec la nature. Maintenant nous avons une chance de remettre la toile de vie à flots et la rendre plus forte afin qu’elle supporte tout le poids des générations à venir.

Lesquelles risquent fort de couler sous le poids de la dictature naturiste des militants pour la conservation de la nature.


Les ministères français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et le Ministère de la Transition énergétique communiquent qu’Un accord a été trouvé sur le cadre mondial de préservation de la biodiversité, qui a été adopté à l’issue de la plénière du 19 décembre. Ce cadre, salué par la France, est ambitieux, réaliste et applicable, avec des cibles chiffrées dont celle prévoyant la protection de 30% des terres et de 30% des mers à échéance 2030.


La réalité est un peu plus complexe. L’accord assigne 4 objectifs et 23 cibles.

Il est en outre précisé que le cadre doit être mis en œuvre en tenant compte de l'approche « Une seule santé », parmi d'autres approches holistiques fondées sur la science…

La science aurait-elle prouvé que planète et environnement ont une santé ? Que la nôtre en dépend ? Ce n’est pas de son ressort…


C’est la cible 3 qui est visée par la mention protection de 30% des terres et de 30% des mers à échéance 2030.

En plus complet :

Faire en sorte et permettre que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines, en particulier les zones revêtant une importance particulière pour la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques, soient effectivement conservées et gérées par le biais de systèmes d'aires protégées écologiquement représentatifs, bien reliés et gérés de manière équitable, et d'autres mesures efficaces de conservation par zone, en reconnaissant les territoires autochtones et traditionnels, le cas échéant, et intégrés dans des paysages terrestres, marins et océaniques plus vastes, tout en veillant à ce que toute utilisation durable, le cas échéant dans ces zones, soit pleinement compatible avec les résultats de la conservation, en reconnaissant et en respectant les droits des peuples autochtones et des communautés locales, y compris sur leurs territoires traditionnels.


30% de surface édéniques ! Que les descendants d'Adam devront entretenir comme Dieu l'a ordonné à leur ancêtre. Faute de quoi ils seront expulsés - comme lui. Certains pourraient recevoir assez vite leur ordre d’évacuer. Quoi qu’une petite porte soit ouverte aux pratiques durables sous condition d’être compatible avec les objectifs de la conservation dont l’anti-humanisme ne fait aucun doute.

Et l’accord a pour objectif de faire en sorte que, d'ici à 2050, la vision commune de vivre en harmonie avec la nature soit réalisée.

Commune à qui au juste ? Je ne suis certainement pas le seul à ne pas partager cette vision du monde et ceux de nos dirigeants approuvant ce genre de texte devraient en rendre compte à l’ensemble de la population. Car nous sommes tous concernés, le cadre visant une action urgente et transformatrice avec la participation de l'ensemble de la société.


Plus que jamais le mot biodiversité est un masque pour une vision du monde conservatrice et anti-humaniste. On protège et on restaure le jardin d’Éden en son nom. On ne crée pas les conditions d’adaptation au changement climatique, à la crise environnementale. On ne développe pas. Sur ce mot, inventé pour faire le marketing d’un forum militant pour la conservation, une vision du monde radicalement fausse a été construite. C’est d’autant plus embêtant que la crise environnementale est bien réelle. Celle d’un monde dynamique dont la vitesse de changement augmente. Pas celle d’une planète malade par ce que nous lui ferions la guerre. Et la solution passe par une renaissance humaniste.