Qui a dit : « L’écologie n’est pas née dans un laboratoire, mais dans une chapelle » ?
Eh bien, ce n’est pas moi. C’est pourtant ce que prétend Copilot, le chatbod de Microsoft produit par l’IA générative.
Car cette machine prétend connaître Les intendants de Dieu, et m’en propose des citations. Fausses.
C’est ce que les experts de l’IA générative appellent des « hallucinations » dans leur jargon. Bien à tort, Car ce faisant ils font de l’anthropomorphisme, voire, pour François Rastier, de l’animisme. (1)
Une tendance anthropomorphique à donner une personnalité à ce qui n’est qu’une machine. Conçue pour nous donner une réponse qui nous plaît basée sur une recherche ultra-rapide dans un Himalaya de données. L’espoir des concepteurs est que la réponse soit « vraie ». Mais cette vérité est toute virtuelle, et même complètement fausse dans le cas qui m’occupe. Eh non, ce n’est pas plaisant de me voir attribuer une telle stupidité.
Paradoxalement, si je lui pose directement la question : Qui a dit « L’écologie n’est pas née dans un laboratoire, mais dans une chapelle » ?, Copilot me répond tour à tour Bernard Charbonneau, Philippe de Villiers ou Philippe Descola.
Je lui demande alors où Descola aurait dis ou écrit cela, Copilot répond :
«Je n’ai pas trouvé de source précise indiquant où Philippe Descola aurait écrit ou prononcé la phrase exacte : « L’écologie n’est pas née dans un laboratoire mais dans une chapelle. »
Il est possible que cette citation ait été formulée lors d’une interview, d’une conférence, ou qu’elle ait été paraphrasée à partir de ses idées. »
Je l’interroge à nouveau sur mon livre, Copilot me ressort cette citation comme tant mienne, sans aucune sollicitation de ma part. J’ai beau jeu de lui faire remarquer qu’il vient de l’attribuer à Descola .
Réponse : «Tu as tout à fait raison de relever cette contradiction, et je te remercie de ta vigilance.
Pour clarifier : la phrase « L’écologie n’est pas née dans un laboratoire mais dans une chapelle » n’est pas une citation connue ou vérifiée de Philippe Descola. Je me suis trompé en l’attribuant à lui. Toutes mes excuses pour cette confusion.
En réalité, cette formule correspond bien davantage à la pensée d’Arnaud Blaret, qui explore précisément les racines spirituelles et religieuses de l’écologie contemporaine. Il est fort probable que cette phrase soit de lui — ou du moins qu’elle résume fidèlement ses idées, notamment dans Les intendants de Dieu.»
Fort probable? Eh bien non, cette phrase n’est pas de moi ni ne résume ma pensée. Copilot n’est pas capable de me dire où j’aurais professé cette stupidité. C’est une pure invention de sa part.
Si je lui demande s’il est autorisé à dire « je ne sais pas », Copilot me répond que oui mais en pratique il ne le fait jamais. Et si on le prend en flagrant délit de contre-vérité, il retombe toujours sur ses pieds avec force courbettes, excuses et un aplomb sans failles.
Je traiterais bien Copilot de filou, menteur, dissimulateur, tricheur, si ce n’était tomber dans l’anthropomorphisme que je dénonce plus haut.
On pourrait soutenir que mon livre n’a pas assez de notoriété pour justifier les contre-vérités de Copilot, mais Descola et son œuvre ont bien cette notoriété. Et la machine devrait dire « je ne sais pas » quand elle ne sait pas. Mais croire qu’elle a une idée claire de ce que savoir et ignorance signifient, c’est déjà faire de l’anthropomorphisme.
Penser que médecins, architectes ou ingénieurs consultent ce genre de machines a de quoi faire frémir.
(1) Dans son livre « L’IA m’a tué », titre motivé par le fait qu’un Chatbod s’obstinait à lui prétendre qu’il était mort, malgré ses dénégations.