Au Zimbabwe, le président Emmerson Mnangagwa, a inauguré le 3 août 2023 une centrale électrique au charbon, financée par la Chine, extension d’un centrale existante.

Il avait peu avant inauguré une mine de charbon et une clinique.

Mauvaises nouvelles dans le contexte de la lutte pour l’atténuation du réchauffement climatique – sauf, sans doute, pour la clinique.

Nouvelles qu’il faut comprendre en conséquence de deux principes géopolitiques essentiels : comme les dirigeants des pays en voie de développement le répètent depuis près de cinquante ans, il n’est pas question pour eux que la crise environnementale serve de prétexte pour les empêcher de se développer comme les pays riches l’ont fait. Et la Chine, quoi que bien consciente du péril climatique, place quand même ses propres intérêts avant la lutte contre le réchauffement. Avec pour objectif de devenir la plus grande puissance mondiale.

Il faut aussi comprendre la situation difficile du Zimbabwe : ce pays enclavé d'Afrique australe souffre depuis des années de graves pénuries d'électricité qui, à leur paroxysme à la fin de l'année dernière, ont plongé des millions de personnes dans le noir.

Le Zimbabwe n'a pas accès au financement de bailleurs de fonds internationaux tels que le FMI et la Banque mondiale en raison d'arriérés de paiement et est la cible de sanctions occidentales en raison de la corruption et des violations des droits de l'homme.

Nul n’est obligé d’aimer un gouvernement, quel qu’il soit. Mais pour réussir à limiter fortement le réchauffement, il faut la coopération de tout le monde. Zimbabwe et Chine compris.

L'ambassadeur chinois au Zimbabwe a déclaré lors de l’inauguration que "La Chine est toujours prête à aider le Zimbabwe à atteindre son objectif d'élever son peuple".

Sur une montagne de CO2 en l’occurrence.

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"L'environnement doit être préservé sous toutes ses formes. Le pétrole est un danger pour la population, nous avons l'exemple de Muanda, l'exemple du Nigeria, où la population s'appauvrit à cause de l'exploitation du pétrole au détriment des multinationales, c'est pourquoi aujourd'hui la population du Nord-Kivu, à travers cette marche, montre son mécontentement contre le pétrole.", a déclaré Jack Sinzahera, militant écologiste, à l’occasion du week-end de protestation contre les énergies fossiles organisé à l’échelle mondiale.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a en effet lancé des appels d’offre pour l’exploitation de pétrole et de gaz sur son territoire, certains situé dans des parcs naturels tel le parc national des Virunga.


Depuis 2021 la question fait débat en RDC. En 2022, le député Lucain Kasongo déclare que le pays gagnerait plus en exploitant les gisements qu'en les conservant non exploités : " Qu'est-ce qui est plus profitable à la République démocratique du Congo ? Est-ce que c'est la conservation de la nature dans son état ou bien on conserve la nature d'un côté et l'exploitation du pétrole de l'autre côté ? Aujourd'hui, en Afrique, les pays qui sont suffisamment avancés ne sont pas les pays qui exploitent le cuivre et le diamant. Ce sont les pays qui exploitent le pétrole" assure le député.

Une vision que rejette son collègue Jadot Kasereka Mangwengwe qui pense qu'il faudrait plutôt privilégier les populations qui vivent grâce à la présence du parc national des Virunga.

"Virunga c'est une entreprise qui emploie beaucoup de Congolais. Mais aussi, là où on exploite le pétrole, ça infecte la fertilité du sol. Certainement que ça va aller jusque dans les pâturages et ça va créer des problèmes. Quel va être le sort de tous ces gens qui travaillent dans Virunga parce que le parc c'est un patrimoine que nous devons protéger. Je pense qu'il faudrait qu'on en parle clairement" précise Jadot Kasereka Mangwengwe.

En 2021, la ministre Eve Bazaiba déclare que  Les choix appartiennent à la République démocratique du Congo. Nous allons protéger l'environnement pour l'intérêt du monde, de l'humanité, comme je l'ai dit, et c'est évidemment aussi notre propre intérêt. Mais le Congo se trouve dans un dilemme de dire : le pétrole, c'est le baromètre de l'économie, quand vous avez un accès difficile au pétrole, le prix des services et des biens montent. C'est le coût de la vie qui monte. Mais quand vous avez l'accès facile au pétrole, ce sont les coûts des services et des biens qui baissent et la population a accès à un minimum vital. 

Nous avons les ressources du sol et du sous-sol. C'est là qu’il y a des négociations avec la communauté internationale pour dire : devrions-nous, la RDC, nous sacrifier à ne pas exploiter notre pétrole pour les besoins de la protection de l'environnement ? En échange de quoi ? Parce que quand nous protégeons cet environnement, cela ne servira pas seulement au Congo, cela servira à l'humanité pour capter les pollutions, préserver la biodiversité. 

S’il y a une réponse, nous la mettrons sur la balance et nous dirons : pétrole, reste dans le sous-sol. Nous avons d'autres fonds, nous avons l'alternative de notre survie. Mais s’il n'y a pas cette alternative, on ne peut pas observer le pétrole comme des poissons dans l'aquarium. Nous sommes en train de parler avec les partenaires internationaux, avec tous les partenaires au développement technique et financier. 


Mais la ministre demande aussi d’affecter les fonds pour lutter contre le réchauffement climatique à la centrale hydroélectrique d’Inga. Et de bénéficier des technologies et expertises nécessaires pour développer les énergies solaires et la biomasse. C’est, pour elle, comme cela que la RDC réussira sa transition écologique.

En attendant, la RDC prépare sa transition vers le pétrole.

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L’urgence climatique, c’est plus que jamais de donner la priorité à l’adaptation. En n’oubliant pas d’aider aussi l’Afrique a développer ses énergies décarbonées. À grande échelle.