La presse belge parle beaucoup en ce moment du projet de retirer la mention du genre sur les cartes d’identités.

Le problème c’est...qu’elle ne s’y trouve pas !

En effet c’est le sexe biologique qui y est mentionné. Alors que le genre est un concept social et culturel. Le projet de loi ne parle d’ailleurs pas de genre mais de supprimer les catégories binaires, homme ou femme.

Pourquoi alors une telle confusion dans la présentation du sujet ? Nous sommes ici au cœur des mécanismes responsables de la mort de la démocratie. Non pas parce qu’un telle distinction ne serait pas justifiée – elle l’est – ni que l’idée de supprimer les mentions homme/femme sur le carte ne serait pas justifiable – les arguments en défense de cette thèse ne manquent pas – mais parce qu’elle illustre l’incompréhension générale quant au fond idéologique qui nous gouverne.

Il n’y a pas de liberté d’expression possible et pas de démocratie possible si l’on ne comprends pas de quoi on parle.

L’idée de distinguer sexe et genre serait née dans les années cinquante dans les milieux anglo-saxons des sciences psycho-médicales.

Certains y voient des précurseurs plus anciens, telle Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe.

Mais ce n’est que dans les années 1970 qu’elle a commencé à se répandre pour s’imposer dans la langage vers la fin du siècle dernier, accompagnée d’une politisation du concept, notamment sous l’influences de thèses féministes.

Ceci coïncide avec le développement de la mondialisation des idées, poussée par la question environnementale, avec par exemple la conférence de Stockholm sur l’environnement de 1972 et la fondation de l’UNEP qui s’ensuivit, la Commission Brundtland des années 1980, la fondation du GIEC en 1988 et le sommet de RIO en 1992, suite d’événements qui qui finit par intégrer le mot gender dans les textes de l’ONU. Avec des couacs de traduction tel que la traduction de gender responsive par égalité des sexes dans l’accord de Paris.

Cette mondialisation des idées à créé des pratiques latérales en son sein qui ont accéléré la propagation d’idées en tous genres, en anglais, langue véhiculaire de la mondialisation. Et ces idées retombent verticalement sur nos têtes de manière déformée par la distance culturelle et géographique. Le mot genre a fini par remplacer le mot sexe dans le langage courant, perdant au passage l’enrichissement procuré par le concept de genre, trop peu de gens étant conscient de la différence entre les concepts sexe et genre.

Aujourd’hui ce phénomène d’incompréhension touche de nombreux concepts tel biodiversité, pollution et tout ce qui touche à la sémantique édénique.