Biocratie est un terme inventé1 par Sally McFague, écothéologienne américaine. Il a une portée beaucoup plus large que sa théologie particulière. On peut le voir derrière la démocratie de toutes les créatures de Dieu souhaitée par Lynn White. Et derrière la volonté de l’écologie politique, déjà bien ancrée dans nos législations, de donner des valeurs intrinsèques et des personnalités juridiques aux différents éléments de l’environnement, tels le climat, la biodiversité, les écosystèmes ou les espèces, et à l’environnement lui-même. Les notions de préjudice environnemental, d’écocide et de non régression y sont indirectement liées.


La biocratie est une forme de théocratie. Car Dieu ne descendant pas de son nuage pour expliquer dans les détails en quoi consiste cette valeur intrinsèque, il s’est formé une caste de prêtres pour interpréter sa volonté, mélange hétéroclite de scientifiques militants, d’ONG, d’autorités administratives et de juges complaisants qui bâtissent une jurisprudence adaptée au nouveau culte.

Les jugements de valeurs n’émanent plus des citoyens et de leurs élus. C’est la mort de la démocratie humaniste et l’avènement de la biocratie naturiste.

1In Sheila Greeve Davaney, Theology at the End of Modernity, p36, Trinity Press International, 1991