Un phénomène marquant de notre époque est le développement de mouvements idéologiques et spirituels dans le domaine de l’agriculture, le plus souvent inspirés de principes naturistes.

L’agriculture biodynamique est parfois créditée d’en être la plus ancienne manifestation. Issue d’une forme de spiritualisme très pointue : l’anthroposophie de Rudolf Steiner.
Celui-ci avait pour mission d’unir la science et la religion en une science spirituelle1. Celle-ci doit investiguer non seulement les éléments matériels mais aussi les connections plus vastes avec le monde spirituel2.

Les vérités de la science spirituelle, pour Steiner, sont vraies en et par elles-mêmes et n’ont pas besoin d’être confirmées par l’expérimentation3.

Pour arriver à une méthode scientifique spirituelle applicable il faut regarder la nature et son activité spirituelle de manière globale. Les scientifiques matérialistes, dit Steiner, se sont au contraire efforcés de réduire leur champ de vision sur des entités minuscules. Il perçoit une urgence immédiate à contrecarrer cette tendance avec une science authentique qui peut englober les relations cosmiques à grande échelle4.

La nature est pour lui plus sage que l’homme ; quand les hommes étaient moins intellectuels, ils étaient plus sages. C’est le problème du matérialisme : les gens sont devenus beaucoup plus intellectuels5. Un des facteurs ayant rendu les hommes et les animaux matérialistes est un excès de consommation de pommes de terre, un aliment qui a tendance à rendre le cerveau indépendant des autres organes6.

Albert Schweitzer dit de lui je me réjouis de tout ce que sa grande personnalité et sa profonde humanité ont réalisé dans le monde. Tout homme doit emprunter son chemin7.
Admirateur de Goethe, influencé par les théories évolutionnistes que celui-ci avait développées en botanique, Steiner fonda un institut à Dornach, en Suisse nommé
Goetheanum en son honneur.

Pour Steiner le corps humain est constitué de sept parties8 : le corps physique par lequel l'homme ressemble au règne minéral ; le corps éthérique ou corps vital ou corps dynamique qui pendant la vie empêche les substances minérales d'agir suivant leurs lois propres et les maintient en formes organiques, le corps astral ou âme , sous sa triple constitution : volonté, entendement, sentiment ; le Moi humain, qui est ce qui distingue l'homme des animaux et possède le sentiment de sa réalité permanente ; le Moi spirituel, qui est le corps astral conquis par le Moi et transformé par lui (désignation théosophique9 : le Manas) ; l'esprit de Vie (ou Buddhi), qui est le corps éthérique conquis et transformé par le Moi ; l'Homme-Esprit ou Atma qui est le résultat du travail du Moi sur le corps physique. Il s'agit d'une constitution en évolution : nous en sommes au quatrième stade.

De même que l’Homme, notre univers se réincarne : nous en sommes à la quatrième réincarnation. Steiner n’a pas peur des images fortes. Parlant de l’homme à l’époque de l’ancienne Lune, il avance qu’il lui semblait que les forces du Cosmos coulaient en lui, que la vie du monde palpitait dans son être. Il se sentait comme grisé par les rythmes universels auxquels se mêlait le rythme de sa propre existence. Ou encore que Jadis l’être humain subtil rasait le sol dans une sorte de natation aérienne10

Les êtres spirituels constituent la seule réalité dont tout émane ; Steiner les nomme selon la terminologie biblique : séraphins, chérubins, anges, archanges, etc...En dessous de ces êtres spirituels supérieurs se trouve une classe d’esprits inférieurs, plus proches de nous : les gnomes, ondines, sylphes et salamandres, représentant respectivement la terre, l’eau, l’air et le feu11.

Une lutte oppose les esprits lunaires lucifériens et ahrimaniens12 au Grand Être solaire. La matière n’est qu’un épisode parmi le grand drame perpétuel dont le pivot est l’incarnation du Grand Être solaire en Jésus-Christ13. Car il ne perd pas tout contact avec la religion traditionnelle, fondant même une variante chrétienne de l’anthroposophie : la Communauté des Chrétiens. Il écrit en 1908 : Une chose s’est passée au Golgotha qui se distingue de tout autre phénomène physique semblable. Il existe une immense et grandiose différence entre tous les phénomènes terrestres qui se sont passés avant le Golgotha et ceux qui se passeront après. Il va jusqu’à écrire que le texte des Écritures peut et doit être pris à la lettre14.

Sa vision de l’histoire humaine est très originale. Après le Paradis, la période hyperboréenne, la période lémurienne, vint l’Atlantide habitée par des hommes rescapés de la catastrophe cosmique connue sous le nom de déluge. C’est dans l’Atlantide que s’établit définitivement l’Alternance de la veille et du sommeil. Un mauvais usage de l’occultisme provoqua des cataclysmes qui engloutirent l’Atlantide. Certains de ses habitants purent émigrer, notamment le chef des Initiés christiques et ses disciples qui s’en allèrent en Inde. Nous en sommes au début de la sixième époque post-atlantique.

Steiner donne de longues descriptions cosmiques basées sur des visions obtenues grâce à des organes spéciaux qu’il appelle fleurs de Lotus en hommage aux termes initiatiques hindous. Pour lui, tout le monde peut accéder à un monde suprasensible en appliquant une discipline méthodique.

C’est dans les domaines de la pédagogie - Il développe les écoles Steiner-Waldorf encore actives aujourd’hui - de l’agriculture et de la médecine, qu’il a laissé l’héritage le plus concret. Il affirme que la plus grande partie des maladies viennent des aberrations du corps astral qui contaminent le corps éthérique et viennent par une voie détournée détruire l’harmonie parfaite en soi du corps physique15 et développe une médecine incluant une anthro-homéopathie.

Sa conception de la physiologie a de quoi laisser perplexe. Ainsi, le cerveau est le produit des éliminations – par les reins, les intestins, etc...–. Elles n’ont pas seulement pour but d’éliminer ce qu’elles rejettent parce que le processus passe aussi au spirituel. Un élément spirituel se lève dans la sphère inférieure de l’être humain qui ressemble à la nature physique du cerveau dans la sphère supérieure. Car nous avons deux cerveaux : un cerveau physique dans la sphère supérieure, un cerveau spirituel dans l’inférieur. Le processus inférieur reste bloqué en chemin. Si on pouvait mener à son terme le processus de transformation des produits de l’élimination, il mènerait à la création de matière cérébrale. Le cerveau est le produit évolué des éliminations. C’est un fait de la plus haute importance pour la médecine, fait dont les médecins du XVIème et XVIIème siècle étaient pleinement conscients.

Parce que les gnomes et les ondines existent, il existe des forces capables de générer des parasites dans la sphère inférieure de notre organisme ; simultanément, ils sont capables de métamorphoser le produit de nos éliminations en matière cérébrale. Il serait absolument impossible pour nous d’avoir un cerveau si le monde n’était pas ordonné de telle sorte que les gnomes et les ondines existent16.

Il fonde l’agriculture biodynamique, terme inventé par le cercle d’agriculteurs proche de lui17, par une série de conférences données en juin 1924 chez le comte Keyserlinck à Koberwitz, l’année avant sa mort. Devant un public trié sur le volet car il craint les réactions négatives des sceptiques. Les expériences agricoles, dit-il, devront être menées au sein du cercle des agriculteurs avant d’être publiées. Il ne veut pas les proclamer sur les toits car les anthroposophes ont déjà été attaqués et blessés de cette manière.

Il en avait déjà expliqué certaines bases auparavant, par exemple la formation des plantes, dans un cycle de conférences données en 1923 à Dornach. Ce sont les esprits inférieurs, gnomes, ondines, sylphes et esprits du feu qui permettent l’agriculture.

Les gnomes peuvent être ironiques si on leur parle de logique. Pourquoi une chose aussi superflue qu’un entraînement de l’esprit ? Les pensées sont déjà présentes. Les idées coulent vers les plantes. Pourquoi est-ce que les gens n’enfoncent pas leur nez dans la terre à la profondeur des racines des plantes pour laisser leur nez se pénétrer de ce que le soleil dit aux plantes ? Ils en apprendraient des choses ! Mais avec la logique, disent les gnomes, on ne peut avoir que des morceaux et des pièces de connaissance.

Les gnomes sont en fait les porteurs des idées de l’univers depuis le cosmos jusqu’à l’intérieur de la terre, qu’ils n’aiment pas. Car elle menace sans cesse de les forcer à prendre une forme qui leur fait peur : celle des amphibiens. Tout particulièrement celles des grenouilles et des crapauds.
L’antipathie des gnomes pour tout ce qui est terrestre force les plantes à n’avoir que leurs racines dans la terre. C’est de cette antipathie qu’ils puisent la force de tirer les plantes hors de la terre. Quand elles ont atteint l’air humide, les plantes forment des feuilles sous l’action des esprits de l’eau : les ondines. Elles vivent dans l’élément éthérique de l’eau. Elles sont très sensibles à tout ce qui a la nature d’un poisson, car la forme des poissons est une menace pour elles. Elles n’ont pas la clarté d’esprit des gnomes car elles rêvent. Incessamment. Elles rêvent de chimie. Elles rêvent leur propre existence. Ce faisant elles relâchent et lient, unissent et séparent les éléments de l’air qu’elles introduisent mystérieusement dans les plantes. Celles-ci atteignent alors le domaine des sylphes, celui de l’atmosphère chaude.

Parce que la lumière est omniprésente dans l’air, les sylphes en deviennent relatées. Lorsqu’apparaît un vol d’hirondelles, ou d’autres oiseaux, il se produit un courant d’air que les sylphes peuvent entendre, y percevant la musique des sphères. Elles sont chez elles au sein de ces sons spirituels. Sans oiseaux dans l’air, elles se perdent. Elles perçoivent leur Ego à travers le vol des oiseaux et, parce que cet Ego leur vient de l’extérieur, elles sont aussi les porteuses de l’amour cosmique dans l’atmosphère. L’ordre cosmique les empêchent toutefois de se transformer en oiseau, car elles ont une autre tâche : amener amoureusement la lumière aux plantes. Elles y travaillent sur les forces chimiques introduites par les ondines, tissant la forme archétypale de la plante. Lors du déclin automnal, les gnomes perçoivent cette forme. Ils passent l’hiver à agripper les idées qui y sont contenues qui alors pénètrent le sol dans leur forme spirituelle idéale.

C’est ici que, selon Steiner, la science matérialiste commet une lourde, tragique erreur. Elle voit la plante se développer à partir des racines dans le sol pour former ses feuilles et puis des fleurs, contenant les étamines, considérées comme mâles et le carpelle, femelle. Un matérialiste ne peut percevoir le phénomène autrement, tant il ressemble à une fertilisation. Ça ne l’est pas.

Pour le comprendre, il faut savoir que la forme idéale de la plante est en fait la résultante du travail des ondines et des sylphes qui l’apportent au sol où elle est gardée par les gnomes. Ce processus est assez différent de celui perçu par la science matérialiste. Après être passée par la sphère des sylphes, la plante entre dans celle des esprits du feu – aussi appelés salamandres. Quand il fait suffisamment chaud, cette chaleur est rassemblée par les esprits du feu et apportée à la plante. Les ondines apportent l’action de l’éther18 chimique aux plantes ; les sylphes, l’action de l’éther lumineux aux fleurs.

Et le pollen fournit ce qu’on pourrait qualifier de petits avions permettant aux esprits du feu de porter la chaleur aux semences. Ces esprits entretiennent une relation intense avec l’ensemble des insectes et plus particulièrement les papillons. Ils suivent les insectes de fleurs en fleur en leur conférant une sorte d’aura. Ainsi chaque abeille semble entourée d’une aura qui est en fait un esprit du feu. Les insectes acquièrent ainsi le pouvoir de spiritualiser complètement la matière et de permettre à cette substance physique spiritualisée de rayonner dans l’espace cosmique.

Partout la chaleur est collectée avec l’aide des étamines et est transportée par le pollen des anthères aux semences dans le carpelle. Et ce qui est formé dans le carpelle en son entièreté est l’élément mâle venu du cosmos. Ce n’est pas que le carpelle soit femelle et l’étamine mâle. En aucun cas la fertilisation ne se produit dans la fleur, mais seulement la préformation de la semence mâle. La fertilisation se produit quand la semence cosmique mâle, qui enflamme les esprits de la fleur est amenée au principe femelle qui a pénétré le sol comme un élément idéal.

Pour les plantes la Terre est la mère et les Cieux le père. Rien de ce qui se produit en dehors de la terre ne peut être l’utérus de la plante. C’est une erreur colossale de croire que le principe femelle de la plante est dans le carpelle. Il est pris du cambium de la plante, qui est entre l’écorce et le bois et est amené dans le sol sous forme idéale. La fertilisation résulte de l’action combinée des gnomes et des esprits du feu – les salamandres. Les gnomes sont, en fait, les sages-femmes spirituelles des plantes. La fertilisation se produit à l’intérieur de la Terre, en hiver.

La terre doit ses pouvoirs de répulsion et d’impulsion à l’antipathie des gnomes et des ondines envers les amphibiens et les poissons. Quand la lumière et la chaleur descendent sur la Terre, c’est l’expression d’un pouvoir de sympathie, le pouvoir de l’amour des sylphes, porté à travers les airs au pouvoir sacrificateur des esprits du feu. La densité, le magnétisme et la gravité s’unissent alors dans leur pouvoir ascendant avec le pouvoir descendant de l’amour et du sacrifice. La plante tire son développement de cette rencontre. La vie végétale est la collaboration de l’amour, du sacrifice, de la gravité et du magnétisme à l’échelle mondiale.

Derrière le vocabulaire déroutant de Steiner se cachent parfois des idées classiques – fortement complexifiées. Ainsi l’éther, ou force éthérique peut se rattacher au vitalisme : l’idée que les organismes vivants possèdent en eux un principe vital qui explique leur fonctionnement particulier, supposé différent de la matière inerte. Et le corps astral ressemble à l’idée d’âme... en plus compliquée.

La vision que l’on découvre notamment dans les conférences de 1924 sur l’agriculture19, est marquée par ce qu’on peut qualifier à posteriori d’holisme. Depuis l’échelle de la ferme, qualifié par Steiner d’organisme, jusqu’à celui de la terre entière et même de l’univers, planètes et constellations étant supposées influencer l’agriculture, tout est perçu en termes de totalités.

Une ferme doit pouvoir être auto-suffisante pour la production de ses fumures. Une fumure importée d’un autre organisme doit être perçue comme un remède appliqué à une ferme malade. Si, dans une ferme, vous avez le bon nombre d’animaux, la quantité et la composition des fumures seront corrects.

Cet organisme est plus fort en hiver qu’en été et la surface de la terre est pour lui un organe qui peut être perçu comme occupant la place du diaphragme dans le corps humain : certains organes sont au-dessus, d’autres en-dessous. Dans ce schéma, la tête se trouve sous la surface20, et tout ce qui est au-dessus est l’équivalent du ventre comportant intestins et estomac. Le sol ne contient pas seulement des minéraux mais aussi un principe astral. La raison de cette analogie entre la ferme-organisme et un homme la tête en bas est que pour Steiner la partie supérieure de notre corps est l’équivalent de ce qui permet la croissance des plantes dans le sol et la partie inférieur l’équivalent de la partie au-dessus du sol où nous-mêmes vivons et respirons et d’où les plantes tirent la chaleur, l’air et même l’eau.

Tout ce qui se passe dans l’air est une sorte de digestion pour la croissance des plantes. Ce qui vient de l’extérieur est absorbé par la terre et radié en retour vers l’atmosphère, avec l’aide des couches d’argiles.

Les planètes proches influencent la partie au-dessus du sol, les lointaines celle en-dessous. L’image est également valable pour les animaux. Du museau au cœur, Saturne, Jupiter et Mars sont à l’ouvrage. En dessous, ce sont la Lune, Venus et Mercure. Le soleil est au cœur. Chaque animal s’expose différemment au soleil. Un lion s’y expose différemment qu’un cheval. La forme de la tête dépend de cette exposition. Nous avons, sur l’avant de l’animal, une exposition directe au soleil. Sur l’arrière, l’exposition de la lumière indirecte de la lune. Les formes des deux parties de l’animal exposent le contraste entre le Soleil et la Lune.

Si vous placez l’animal sur sa tête, avec cette tête dans le sol, vous avez la position que «l’individualité agricole» – la ferme – a invisiblement. De la forme de l’animal vous pouvez déduire une relation entre les fumures de cet animal et les besoins des plantes. Prenez une plante riche en influences cosmiques. La fumure de l’animal qui la mangera en sera influencée – ce sera la fumure la mieux adaptée au sol où croît cette plante.

Le sable avec son contenu siliceux reçoit les éléments éthériques, porteurs de vie, et chimiquement influents. La silice, élément dominant de la croûte terrestre, joue un rôle important dans la médecine anthroposophique comme dans son agriculture. S’il y avait moins de silice sur terre, la plupart des plantes auraient une forme plus ou moins pyramidale, à la manière des cactus.

D’autres substances importantes sont les matières calcaires telles que la chaux et autres substances apparentées, la potasse et le sodium. S’il y avait moins de ces substances sur terre, les plantes auraient des tiges plus fines et ressembleraient à des plantes rampantes. Les fleurs seraient plus grandes, mais inutiles. Les plantes ne peuvent prospérer sous la forme que nous leur connaissons que par la coopération du calcaire et des substances siliceuses. Or, tout ce qui est de nature siliceuse contient des forces venant des planètes au-delà du soleil : Saturne, Jupiter, Mars. Et tout ce qui est apparenté au calcaire contient des forces venues des planètes proches : la Lune, Venus et Mercure. Les plantes dépendent des planètes intérieures pour leur reproduction et croissance.

Quand elles deviennent aliment, les planètes extérieures entrent en jeu, via la nature siliceuse. Ce qui entraîne une question : dans quelle mesure pourrions-nous aider ou freiner ces influences ? L’eau participe à la distribution des forces lunaires dans le royaume terrestre car il y a une relation entre la Lune et l’eau sur Terre. Il faut donc se demander s’il faut prendre en compte les précipitations et l’éclairement lunaire – les phases de la Lune – quand on veut semer.

Faut-il également tenir compte de la chaleur de l’atmosphère ? Les observations spirituelles montrent que si l’eau n’a aucun rapport avec la silice, la chaleur a une forte relation avec celle-ci. La chaleur rend effective les forces siliceuses qui proviennent de Saturne, Jupiter et Mars.

Steiner note des différences selon les phases de Mars pour la plantation d’un chêne ou de Saturne pour les conifères. En conséquence, du bois de chauffage n’aura pas son plein potentiel s’il a été planté sans tenir compte de l’influence des planètes.

Les chaleurs au-dessus du sol (planètes proches) et en-dessous (planètes lointaines) sont très différentes. Chaleur morte au-dessus, chaleur vivante en dessous, car contenant un principe de vie. Elle est vivante et d’autant plus en hiver.

Les humains ont besoin de chaleur morte pour être intelligents ; la chaleur vivante nous rendrait stupides. Quand la chaleur est introduite sous le sol par l’action des matières siliceuses ou autres, elle est transformée en une certaine condition de vitalité. Un phénomène similaire se produit pour l’air. À l’inverse l’eau et les éléments matériels solides deviennent morts en passant dans le sol mais sont alors ouverts pour recevoir les forces cosmiques les plus distantes. Les substances minérales doivent également s’émanciper de ce qui travaille au-dessus du sol si elles veulent pouvoir s’exposer aux forces lointaines du cosmos. Ce qui se produit le mieux entre le 15 janvier et le 15 février.

Steiner pense que lors de son développement, une graine atteint d’abord un état de grande complexité avant de se réduire en poussière cosmique, petit royaume de chaos, rebâti ensuite par l’Univers qui s’imprime alors sur la graine. La graine dès lors contient une image de l’Univers. L’organisme parent a un rôle à jouer, via ses affinités cosmiques qui font que la graine est façonnée en telle ou telle espèce. Si aujourd’hui les espèces sont largement fixées, ce n’était pas le cas dans les époques antérieures, particulièrement à l’époque primordiale où il était facile de passer d’une espèce à l’autre.

Ce qui est imagé dans la graine est toujours l’image d’une constellation cosmique. Tout organisme est construit du cosmos. Quand on plante une graine, tout le cosmos s’y reflète et une constellation lui donne sa forme spécifique. Les forces de la terre tendent à nier les forces cosmiques et rendre la plante hypertrophiée. La graine doit être poussée au chaos pour rendre les forces cosmiques effectives. Mais quand la graine commence à germer, il faut lui apporter les éléments de la terre. On peut favoriser le processus grâce à l’humus. Celui-ci provient du fait que tout ce qui est issu de la vie végétale est absorbé par les processus de la Nature. Un sol riche en humus contient de l’éther vivant et c’est ce qui est important. Toute vie qui n’a pas encore rejoint l’état de chaos rejette les influences cosmiques. Si cette vie participe à la croissance de la plante, l’effet est de garder dans la plante ce qui est terrestre. Le processus terrestre participe au déploiement des feuilles, la floraison etc… Le processus cosmique ne rayonne que ses influences sur ces processus.

La couleur verte des feuilles est due aux forces cosmiques du Soleil ; les fleurs plus colorées à celles des planètes : le rouge des roses à Mars. Le jaune des tournesols et le blanc à Jupiter. Le bleu à Saturne. Mais les forces représentées par ces couleurs s’exercent principalement dans les racines. Car la nature cosmique s’exerce principalement dans les racines tandis que la nature terrestre s’exerce dans les fleurs sauf pour les délicates colorations cosmiques.

Ce qui développe la forme est la nature terrestre. Des racines bien développées témoignent d’un flux terrestre vers le bas avec l’aide de l’élément calcaire, alors qu’une racine simple trahit une influence cosmique. La nature cosmique vit dans l’élément siliceux. L’equisetum21 est à 90 % acide silicique22. Cette plante attire la nature cosmique à elle. Le cosmique y trahit sa présence dans la croissance des parties inférieures. Si nous voulons maintenir les tiges et les feuilles dans les racines, nous devons retenir les forces cosmiques en mettant la plante dans un sol sablonneux car dans un sol siliceux le cosmique est retenu en arrière. Exemple la pomme de terre. Ce n’est pas une racine, c’est une formation dont les tiges et les feuilles sont retenues dans les racines. Nous devons mettre la pomme de terre dans un sol sablonneux, faute de quoi nous n’arriverons pas à retenir les forces cosmiques dans la pomme de terre.

Le goût des fruits est comme la couleur, une influence cosmique. En mangeant une pomme, vous mangez Jupiter, en mangeant une prune, vous mangez Saturne. Les variétés de fruits sont un héritage ancien, formées à l’époque ou l’humanité avait une sagesse primordiale et instinctive. Il nous serait impossible de les refaire aujourd’hui. On observe une perte de valeur des produits. Cette perte est liée – comme le déclin de l’âme humaine – à la fin du Kali Yuga23 dans l’Univers ces dernières décennies. Tout ce que nous avons reçu des temps anciens – y compris connaissances dérivées de la nature, talents naturels et même les médicaments traditionnels – perd de sa valeur. Nous devons acquérir de nouvelles connaissances pour retrouver la relation à la Nature.

Une des questions les plus importantes en agriculture est celle de l’influence de l’azote sur les cultures. Nous devons regarder aux aspects les plus vastes de la Nature et étudier les activités de l’azote dans l’univers comme un tout – et celles de ses quatre sœurs, avec lesquelles il s’unit au sein des protéines : le carbone, l’oxygène, l’hydrogène et le soufre. En effet, pour comprendre les protéines il faut y inclure le soufre, intermédiaire entre les mondes spirituel et physique.
Le carbone est le porteur de tous les processus formatifs créatifs de la Nature, le grand plasticien – utilisant le soufre au passage. Il y a un artiste plasticien caché dans le carbone. Il porte en lui les images créatives et formatives cosmiques – les sublimes Imaginations cosmiques. Pour voir le carbone à l’œuvre, nous devons contempler l’activité spirituelle du grand Univers, s’humectant lui-même avec le soufre – construisant avec le carbone la forme plus ferme et bien définie de la plante ou la forme de l’homme qui disparaît au moment où elle vient à l’existence.

En effet, l’homme à la faculté de détruire la forme dès qu’elle apparaît car il excrète le carbone, lié à l’oxygène, sous forme d’acide carbonique. Le carbone dans notre organisme nous rendrait trop raide et ferme, comme un palmier. C’est pourquoi notre respiration doit en permanence démonter ce que le carbone fabrique. Notre respiration déchire la rigidité du carbone, l’unit à l’oxygène et l’expulse.

Les plantes fonctionnent différemment, étant liées en des configurations plus fermes. C’est dans les chemins du carbone, humidifiés avec le soufre, que l’Être spirituel que nous appelons l’Ego se déplace dans le sang. Et comme l’Ego humain, l’Esprit essentiel de l’homme, vit dans le carbone, on peut dire que l’Ego de l’Univers vit comme l’Esprit de l’Univers – vit via le soufre dans le carbone comme il se forme et toujours redissout la forme.

Dans les époques passées de l’évolution terrestre, seul le carbone était déposé. Plus tard lui a été notamment ajoutée la nature calcaire, utilisé plus tard par l’homme pour construire quelque chose de plus solide, un squelette. Dans la forme calcaire du squelette, il y a quelque chose de la Terre en elle-même. Sous toutes les choses vivantes, il y a une structure de carbone – plus ou moins rigide ou fluctuante – et le long des chemins de ce schéma le Spirituel ce déplace à travers le monde.

L’homme et tous les êtres vivants doivent toujours être baignés par un éther le véritable support de la vie – lui-même pouvant être fixe ou mouvant. Mais il ne peut exister sans notre monde physique. Il glisserait alors dans un monde vide. Les matérialistes ne prennent que l’aspect physique en compte et négligent le fait que l’éther doit avoir un porteur physique. Il se déplace le long des chemins de l’oxygène grâce à l’aide du soufre humidifiant. L’oxygène possède des propriétés éthériques. Quand nous respirons, il devient vivant en nous. Au contraire de l’oxygène mort de l’atmosphère. Comment l’oxygène trouve-t-il sa voie le long des chemins du carbone spirituel ? Le médiateur est l’azote. Il guide la vie selon les formes incorporées dans le carbone. Il fait la médiation entre la vie et l’esprit spirituel – pour les plantes, l’homme, les animaux – et la spiritualité qui en résulte est astrale – dans l’homme comme dans l’environnement.
Spirituellement parlant, nous avons l’astral entre l’oxygène et le carbone, et cet astral influence le monde physique grâce à l’azote. Sans l’azote la nature éthérique de la vie se répandrait comme un nuage, sans pouvoir prendre en compte le pouvoir constructif du carbone. L’azote tire la vie au principe spirituel.
D’où le fait que pour l’homme l’azote est si essentiel à la vie de l’âme. Car l’âme est le médiateur entre l’Esprit et le
principe de la vie. Connaissant tout ceci, nous pouvons comprendre le principe de la respiration. Grâce à elle, l’homme absorbe l’oxygène et son principe de vie. L’azote mène l’oxygène partout où il y a du carbone, c’est à dire de la forme. L’oxygène va chercher le carbone et l’éliminer sous forme de CO2 grâce à la médiation de l’azote. L’azote nous entoure de partout. L’oxygène est le porteur de vie et l’azote le porteur de l’esprit astral. Imaginons une expérience : mettre un homme dans une pièce et enlever un peu d’azote. Il est remplacé immédiatement, si pas de l’extérieur, alors de l’intérieur. Nous n’avons pas vraiment besoin de respirer l’azote. Mais nous avons besoin de la bonne quantité d’azote dans l’air pour notre relation spirituelle – qui n’est pas moins réelle.

Les plantes n’ont pas de corps astral. Seulement un corps physique et un corps éthérique; mais l’astral est partout dans l’environnement – et son porteur, l’azote. Les plantes ne pourraient fleurir si l’astral ne les touchait pas – quoiqu’elles ne l’absorbent pas. Comme l’oxygène, l’azote prend vie dans la terre mais y devient aussi sensible. Et ceci est de la plus grande importance pour l’agriculture. L’azote devient le porteur de cette mystérieuse sensibilité qui est répandue sur toute la vie terrestre. C’est l’azote qui sent s’il y a assez d’eau dans le sol ; il en devient sympathique s’il y a assez d’eau, ou antipathique s’il en manque. Il a de la sympathie si le type de plante présent est adapté au sol. L’azote imprègne toutes choses de vie sensible. C’est le médiateur des choses sensibles et il connaît l’influence des planètes.

Nous sommes inséparables de notre environnement, le fermier doit être inséparable de sa ferme et la terre doit être inséparable du cosmos. C’est l’hydrogène qui assure le principe du cosmos. Grâce à lui, et avec l’aide du soufre, il emporte les morceaux du monde physique vers le cosmos. Il emporte tout ce qui est formé, vivant et astral. Car tout ce qui est vivant doit pouvoir disparaître dans le cosmos. Parce que l’hydrogène est l’élément le plus léger, c’est le moins spirituel. Les substances sont dépendantes ; elles ne peuvent devenir indépendantes que par deux voies : l’hydrogène les ramène au chaos cosmique ou les intègre dans les semences : alors elles sont réceptives aux forces du chaos.

Il faut une relation personnelle avec les différents éléments de l'agriculture. Parce que toutes les choses vivantes ont des aspects intérieurs et extérieurs, il y a des forces qui rayonnent vers l'extérieur et d'autres vers l'intérieur. Au plus une plante est en bonne santé intérieure, au moins elle sent extérieurement. La plante n'est pas prédisposée à émettre des odeurs mais à les absorber. Il faut avoir une participation avec ces odeurs - seulement alors nous aurions une participation dans la nature.

Comprendre la fertilisation, c’est comprendre que la fertilisation doit consister en la vivification24 du sol, de sorte que la plante ne croisse pas dans du sol mort et qu’elle n’ait pas de difficulté à atteindre le stage fructueux de sa propre vitalité. Car les qualités éthériques spécifiques de l’humus rendent en quelque sorte le sol vivant. Le but de la fertilisation par les engrais est de donner au sol une certaine vitalité.
Quand on donne des fertilisants minéraux, on ne peut influencer les éléments terrestres, au mieux seulement les éléments aquatiques. On pourra influencer les éléments aquatiques mais pas apporter la vie aux éléments terrestres. Avec le compost, le moins prétentieux des fertilisants, nous avons un moyen de donner la vie au sol. Il contient des forces éthériques et des forces astrales. Ces forces sont plus faibles que dans les fumures liquides ou solides, mais plus stables. Il faut supporter la stabilité de cette astralité de la bonne manière. Si la vie éthérique est trop forte dans le compost, l'habilité du compost à influencer l'astralité sera affaiblie.

La chaux a une influence remarquable : sans pousser l'astralité à se volatiliser trop fortement, la chaux prend l'éthérique avec l'oxygène de sorte que l'astralité devient efficace d'une manière merveilleuse. Si nous laissons simplement une pile de compost, il peut facilement commencer à répandre son astralité. À ce point, la relation personnelle développée avec ce processus devient importante parce qu’il faut faire ce qui est nécessaire pour que la pile sente le moins possible. Il suffit de composer la pile de fines couches saupoudrées de tourbe ou autre substance. Faute de quoi l’azote pourrait s’échapper sous forme d’odeur.

Pourquoi les vaches ont-elles des cornes et d’autres animaux des bois ? C’est une question très importante. Ce que nous en apprend la science est très superficiel et unilatéral. Essayons de résoudre cette question. Là où les cornes et les sabots se forment, les courants vers l'intérieur sont très forts, les communications vers l’extérieur, telles qu’à travers la peau et les cheveux, sont exclues.

Pour les bois, au contraire, les courants sont vers l‘extérieur - les courants ne doivent pas être nécessairement gazeux ou liquides, ce peut être des courants de force.

Le cerf est beau car il est en communication intense avec son environnement et dirige certains de ses courants de forces vers l’extérieur ; il vit en communion avec son environnement.

Les vaches ont des cornes afin d’envoyer les forces formatives éthériques et astrales vers leurs systèmes digestifs. Quiconque cherche à comprendre la maladie de la fièvre aphteuse doit apprécier cette relation - comment la périphérie rétroagit sur le système digestif.

Notre remède contre la maladie est basé sur des aperçus de cette relation. Il y a quelque chose dans une corne qui la rend apte à refléter les influences vitales et astrales sur les activités de l’intérieur. Si l’on pouvait ramper à l’intérieur du corps de la vache, nous pourrions sentir les courants d’astralité venant des cornes ou des sabots.

Mettons de la fumure dans une corne de vache, enterrons la à une certaine profondeur (50 à 75 cm). Ainsi, nous préservons les forces éthériques et astrales venues de la vache. Parce que la corne est alors entourée de terre, les forces de la Terre rayonnent en elle. Si on l’enterre l’hiver, la saison où la Terre est la plus intérieurement vivante, toute la vie sera préservée dans la fumure, conférant au contenu une force vitalisante et fertilisante extrêmement concentrée. Elle a maintenant une énorme énergie éthérique et astrale. Il faut ensuite la mélanger et la répandre dans les champs. En ajoutant cette «fumure spirituelle» à l’habituelle.

Le résultat sur la fertilité sera impressionnant. Notez qu’il est probable que les cornes provenant d’animaux castrés ne vont pas fonctionner et celles des mâles seront peu efficaces. Évitez donc les cornes de bœufs ou de taureaux. Utilisez de préférences des cornes de véritables vaches femelles.

N’importe qui peut-il faire ce travail ou mieux vaut-il être anthroposophe ? Il y a une certaine influence personnelle au succès. Elle peut venir de la méditation car quand une personne médite elle réagit différemment à l’azote, qui contient l’imagination. Elle se met dans une position qui rend ces choses pleinement efficaces. Aujourd’hui les influences ne sont plus aussi claires que jadis. Il y avait des gens qui savaient se préparer. Et ces influences subtiles peuvent être perdues si l’on se trouve au milieu de personnes qui n’y portent pas attention.

Similairement, la question de savoir si l’on peut combattre les parasites par la concentration mentale est délicate. Il n’y a aucun doute que cela peut être fait si c’est fait correctement. Surtout entre mi-janvier et mi-février cela peut avoir de l’effet. Il faut le faire en harmonie avec la nature, comme un tout.

La corne de vache n’est qu’un moyen d’améliorer les fumures. Il faut encore apprendre à faire des fumures. À cette fin, il faut se rappeler que l’a vitalité éthérique doit être maintenue dans le royaume du vivant et ne jamais quitter le domaine de la croissance. Se rappeler aussi que le sol entourant la plante en croissance est une entité vivante dotée d’une vie végétative propre, une sorte d’extension de la croissance de la plante dans la terre.

Aujourd’hui les gens ont perdu le sens des grandes interrelations de la Nature. Ils ont donc perdu la connaissance de la manière dont la vie se déploie dans les excrétions à la base des fumures. La science matérialiste se trompe quand elle crédite les bactéries de pouvoir conditionner les fumures de manière favorables. Les bactéries sont, à l’inverse, le symptôme d’un bon conditionnement des fumures. Elle se trompe aussi quand elle croit qu’elle peut enrichir les fumures par des apports inorganiques et chimiques. Ça ne permet d’enrichir que la partie aqueuse du sol. Nous devons vitaliser le sol directement, ce qui ne peut se faire que par des matériaux organiques capables de vitaliser la terre solide.
C’est la tâche de la science spirituelle d’indiquer comment y parvenir. La science spirituelle regarde aux grandes échelles et ignore la vie microscopique, et les conclusions tirées de ce royaume, qui sont de peu d’importance. La tâche de la science spirituelle est d’observer le macrocosme et comprendre son fonctionnement.

Si nous fertilisons la terre au petit bonheur, nous risquons de l’empêcher d’absorber les substances nécessaires à doses homéopathiques telles le plomb et le mercure. Les forces radiantes nécessaires au monde organique sont libérées par de très petites quantités de substances si appliquées de manière adéquate.

L’achillée mille-feuille est un miracle de la création. Nous avons vu que l’esprit utilise le soufre pour porter les substances à leur destination organique. L’esprit atteint le sommet de son utilisation du soufre dans l’achillée. Son effet est de limiter les faiblesses du corps astral.

Il faut la mettre dans une vessie de cervidé. Pourquoi ? Les cervidés sont des créatures connectées à l’aspect cosmique de l’environnement terrestre. C’est pourquoi ils ont des bois. La vessie d’un cerf est quasiment la réplique du cosmos. En y mettant l’achillée, on améliore sa capacité à porter le soufre. Une action qui porte principalement sur la potasse. Pour le calcium, il faut de la camomille, moins épatante que l’achillée, mais qui contient aussi du sulfure en moindre dose.

Il faut mettre la camomille dans un intestin de bétail tout un hiver, idéalement sous la neige et au soleil, afin que les influences cosmiques astrales travaillent sur la saucisse contenant la camomille. La fumure aura un contenu en azote plus stable et la capacité de vitaliser le sol de sorte que la croissance de la plante en sera améliorée de manière extraordinaire.

Il est quasiment impossible de trouver un substitut à l’ortie pour les fumures. Elle a beaucoup d’influences bénéfiques différentes. Elle contient aussi du soufre et donc joue un grand rôle pour assimiler et incorporer l’élément spirituel. Elle porte aussi les radiations et les courants de la potasse et du calcium, ainsi que des radiations du fer aussi bénéfiques pour la Nature que les radiations du fer dans notre sang le sont pour notre corps. Additionnée à la fumure, l’ortie aura pour effet de la rendre réceptive et quasiment intelligente.

Les maladies des plantes ne sont pas vraiment des maladies comme pour les animaux. Une véritable maladie n’est pas possible sans corps astral qui, chez l’homme et les animaux, est relié au corps physique par l’intermédiaire du corps éthérique. La plupart des maladies se produisent quand le corps astral force directement sur le corps physique. Parce que les plantes n’ont pas de corps astral, elles ne peuvent être malades à la manière des animaux.

Pour les guérir de ce que nous appelons pourtant maladies, il faut comprendre les relations au sens large. Beaucoup de maladies sont curables par des fumures ajoutant du calcium au sol, mais d’origine organique. Ne jamais sortir du royaume organique. Ajouter de la chaux ne convient pas. Le chêne pédonculé contient beaucoup de calcium. La structure du calcium dans son écorce est idéale. Le calcium va tuer l’aspect éthérique et libérer l’influence du corps astral. Seul le calcium de l’écorce de chêne peut permettre un développement équilibré. Il faut la mettre dans le crâne de n’importe quel animal domestique. Puis mettre ce crâne dans un creux ou tonneau de pluie, recouvert de tourbe et pourvu d’un petit tuyau d’écoulement des eaux et le laisser ainsi tout l’hiver. Ajouté à la fumure elle pourra prévenir ou guérir les maladies des plantes.

Steiner croit à une alchimie cachée dans les processus organiques. La potasse et la chaux peuvent se transformer en azote dans les organismes sous l’action de l’hydrogène, et la silice est transformée en une substance très importante, non encore répertoriée dans la liste des éléments.

Le pissenlit est une sorte de messager des cieux car il fait l’intermédiaire entre la fine distribution homéopathique de l’acide silicique dans le cosmos et l’ensemble de cet acide dans la région. À mettre dans un mésentère bovin tout un hiver avant de l’ajouter à la fumure.

On peut aussi y ajouter des extraits de valériane très diluée, pour l’aider dans ses relations avec le phosphore.

Peu de règles générales peuvent être trouvées pour combattre les ravageurs et les mauvaises herbes. Aux yeux de la nature, les mauvaises herbes ont autant le droit de croître que les plantes que nous considérons utiles. On devrait cependant pouvoir exterminer les coquelicots en plantant du raifort le long du champ, mais c’est encore à confirmer par l’expérienc25. Une plante qui, curieusement, symbolise aujourd’hui pour certains la biodiversité.

Il ne faut jamais oublier les influences cosmiques telles que celles venues des planètes. Les forces de Venus, Mercure et la Lune viennent de la terre en encourageant la croissance un an jusqu’à la production des semences ; les forces venant de l’extérieur de la terre viennent des planètes distantes. Elles rendent les parties comestibles des plantes belles et dodues. C’est ce que nous pouvons manger, car il y a un flux cosmique constant.

Tout ce que nous mangeons vient des planètes distantes. Nombre de plantes sont influencées par l’effet lunaire, la réflexion de la lumière du soleil par la Lune vers la Terre. La Lune les a imprégnées de ses propres forces. Effet intensifiant. Elles sont plus fortes à la pleine lune. Semer à la nouvelle lune implique seulement que les graines devront attendre la pleine lune pour profiter de l’effet lunaire. Pour combattre les mauvaises herbes il faut traiter le sol afin de réduire l’influence lunaire. Prendre les semences de la mauvaise herbe et les brûler. Les cendres ont le pouvoir opposé à la force lunaire. Répandre ensuite sur le champ. L’année suivante, il y a déjà moins de ces mauvaises herbes. Après quatre ans, elles auront disparu. Celui qui prend en compte les influences cosmiques peut acquérir le contrôle sur un grand nombre de choses.

On ne peut pas parler de manière aussi générale pour les ravageurs que pour les mauvaises herbes. Steiner condamne les méthodes inhumaines comme la strychnine et l’inoculation du typhus. Puis propose ceci : d’abord capturer une jeune souris et l’écorcher. Il faut que Vénus soit à ce moment dans le signe du Scorpion. Zodiac signifie cercle animal. Pour combattre les ravageurs il faut donc plus que les plantes, il faut tenir compte des étoiles fixes du zodiac. Il faut savoir reconnaître l’influence des étoiles sans devenir superstitieux. Bien des choses qui étaient matière de connaissance ont dégénéré dans la superstition. Il faut que ce soit de la connaissance acquise par la voie spirituelle et non seulement les sens physiques.

Il ne faut pas trop tenir compte de la Lune car les animaux préservent les forces lunaires en eux et sont émancipés de la Lune. Les forces lunaires sont permanentes en eux, elles ne dépendent pas de la pleine Lune. Il faut brûler la peau de souris quant Vénus est dans la constellation du Scorpion. Ce qui est détruit par le feu contient le négatif des forces reproductrices de la souris. Prévoir suffisamment de souris pour avoir assez de cendres. Les répandre ensuite sur le champ. Si tout le monde procède ainsi dans le voisinage, l’effet sera dramatique.

Cette méthode contre les souris, animaux supérieurs ne marche pas contre les insectes, animaux inférieurs car ils sont soumis à un ensemble différent d’influences cosmiques. Prenons pour exemple les nématodes26 de la betterave sucrière. Quand ils apparaissent, le processus d’absorption des forces cosmiques qui devrait avoir lieu dans les feuilles est tiré vers les racines. Les forces cosmiques nécessaires aux nématodes leur est alors disponible. Ils ne peuvent survivre que dans le sol, en présence des forces cosmiques dont ils ont besoin. Ces forces ont un cycle de quatre ans. Avec les nématodes nous avons affaire à un phénomène plutôt anormal. On peut aussi l’étudier à partir du hanneton commun, qui émerge tous les quatre ans. Les mêmes forces entrent en jeu, même si le cycle de quatre ans n’est pas apparent chez les nématodes. Les forces qui donnent à la Terre la capacité de faire croître les semis de pomme de terre sont les mêmes que celles acquises par la Terre pour aider au développement des hannetons communs. Les nématodes sont le résultat d’influences purement cosmiques ; ils n’ont besoin de la Terre que comme substrat.

Comme pour les souris, il faut prendre l’insecte en entier et le brûler. Ou bien le laisser se décomposer mais c’est difficile de récolter les produits de sa décomposition, même si ce serait mieux. On pourrait devoir sécher et stocker l’insecte car il faut le brûler quand le Soleil est dans le signe du Taureau, à l’exact opposé du cas de la souris. L’ensemble du monde des insectes est lié aux forces, croissantes et puis décroissantes, qui se développent quand le Soleil se déplace à travers les signes du verseau, des poissons, du bélier, des gémeaux et du cancer. Le Soleil est en fait multiple, changeant et spécialisé suivant les périodes de l’année de sorte que l’on devrait parler de Soleil-scorpion, Soleil-poissons ou Soleil-vierge. Si nous faisons une poudre d’insecte et la répandons sur les cultures, les nématodes seront progressivement rendus inoffensifs et disparaîtront après quatre ans. Nous avons ici une véritable science des étoiles, qui dépasse l’astronomie mathématique contemporaine. Les anciens avaient une véritable science des étoiles qui les guidaient dans les principales étapes de la vie. Cette science est maintenant perdue.

Pour Steiner, les vérités des sciences spirituelles sont vraies en et par elle-même et n’ont pas besoin d’être confirmées par l’expérimentation. Des scientifiques on fait l’erreur de vouloir vérifier les vérités de la science spirituelle par des méthodes externes. Ceci s’est produit même au sein de l’anthroposophie, où les gens devraient pourtant savoir que les choses spirituelles sont intrinsèquement vraies. Mais pour progresser aujourd’hui, dit Stener, nous devons vérifier ces choses extérieurement. Nous devons faire des compromis bien qu’en principe, la vérification n’est pas nécessaire. Il se peut que les assomptions que nous faisons soient prouvées fausses. Alors nous devons examiner ces résultats contraires. Si nous le faisons, ce qui est vrai de manière inhérente sera aussi confirmé de manière externe.

Les plantes herbacées poussent de la terre. Les arbres sont bien différents. Feuilles, fleurs et fruits sont les vrais plantes car elles poussent enracinées dans le tronc et les branches comme les herbacées dans la terre. Mais où sont leurs racines ? Simplement invisibles et remplacées par le cambium. En un sens l’arbre est terre. La fonction de l’arbre est de séparer les plantes qui croissent sur lui des racines, unies seulement par l’Esprit, à travers l’éthérique.

Nous devons apprendre à regarder les mystères de la croissance avec une intelligence macroscopique. Les arbres rendent l’atmosphère riche en astralité. Dans l’arbre, il y a une pauvreté en éther comparée aux plantes – comprendre les fleurs et fruits. À cause du cambium, une pauvreté d’éther s’installe dans l’arbre qui la transmet aux racines qui se minéralisent par perte d’éthéricité. Vous pouvez développer votre odorat afin de sentir la différence entre l’atmosphère pauvre en astralité des herbacées et celle, riche, des arbres.

Il faut se poser la question de la polarité opposée, la contrepartie de la riche astralité que la plante croissant de manière parasite27 sur l’arbre apporte. L’insecte développé se meut dans la riche astralité qui entoure l’arbre. Ce qui est pauvre en éther, en-dessous, travaille à l’aide des larves. Donc s’il n’y avait pas d’arbres il n’y aurait pas d’insectes sur terre.

La tendance à devenir comme un arbre est présente dans toutes les plantes. Elles luttent pour laisser partir leur éther et les plus hautes baignent dans l’éther. Les larves existent de par les racines ; d’autres créatures semblables aux larves s’émancipent de la nature larvaire et acquièrent un pouvoir de régulation pour la vitalité de la terre, laissant une éthéricité trop intense s’échapper : ce sont les vers de terre. Ils laissent à la terre juste ce qu’il faut d’éthéricité pour permettre aux plantes de croître.

L’évolution a instauré une division du travail entre oiseaux et insectes que Steiner décrit de manière imagée : Nous ne nous sentons pas assez forts pour assumer l’astralité des arbres, dirent les insectes aux oiseaux, nous nous contenterons de la tendance arborescente des plantes et nous vous laissons l’astralité qui entoure les arbres.

Ces créatures assurent la distribution adéquate de l’astralité. Sans elles, l’astralité ne pourrait assurer ses services, et on le remarquerait à la végétation rabougrie.

Chez les animaux, tout ce qui est substance dans la tête est terrestre ; tout ce qui est la substance dans le métabolisme et les membres ne vient pas de la terre mais est cosmique. La matière cosmique est absorbée à travers les sens et la respiration ; des griffes ou des sabots ne sont pas formés par la matière physique que l’animal mange. L’inverse est vrai des forces. Dans la tête nous avons les forces cosmiques. Dans le métabolisme et les membres, nous avons les forces terrestres. Il faut nourrir le bœuf de labour afin d’avoir autant de substantialité cosmique que possible. Et ce qui lui passe par l’estomac devra être choisi pour développer des forces suffisantes pour guider les substantialités cosmiques vers les membres, les os, les muscles, partout. Les substances pour la tête doivent provenir du fourrage. Assimilées à travers l’estomac, elles doivent être guidées vers la tête. Seule la tête peut assimiler cette nourriture si elle est capable en même temps de recevoir les forces du cosmos.

Il ne faut pas enfermer les animaux dans de sombres étables car les forces cosmiques ne peuvent couler vers eux. Ils doivent pouvoir utiliser leur odorat pour chercher leur propre nourriture à ciel ouvert, suivre les forces cosmiques grâce à leur odorat ; l’animal à la mangeoire ne va pas perdre la force cosmique qu’il a en lui mais va procréer des descendants qui ne l’auront plus. C’est de la tête que l’animal deviendra d’abord faible ; elle ne pourra plus nourrir le corps car les forces cosmiques ne lui parviendront plus.

La tête est terrestre, sert à la formation de l’Ego mais les animaux n’ont pas encore d’Ego. Les fumures animales et humaines sont différentes : parce que l’animal n’a pas encore atteint l’Ego, plus d’Ego se trouve potentiellement dans ses fumures. Quand nous amenons des fumures aux racines des plantes, nous leur apportons de l’Ego pendant que l’astralité se développe au-dessus.

Vraiment, la ferme est un organisme vivant. En haut, dans l’air, elle développe son astralité. Les arbres fruitiers et la forêt la développent. Les animaux qui se nourrissent développent leur force d’Ego et en nourrissent les plantes par leurs fumures.

1Serge Bramly, Rudolf Steiner, prophète de l’homme nouveau, p15, Culture, Arts, Loisirs, Paris, 1976

2Rudolf Steiner, quatrième lecture sur l’agriculture, Koberwitz, 12 juin 1924.

3Rudolf Steiner, sixième lecture sur l’agriculture, Koberwitz, 14 juin 1924.

4Lecture faite à Koberwitz le 12 juin 1924 la quatrième du cycle Spiritual Foundations for the Renewal of Agriculture. Tiré de Hugh J. Courtney, What is Biodynamics ?, SteinerBooks, 2005

5Lecture faite à Koberwitz le 15 juin 1924 la septième du cycle Spiritual Foundations for the Renewal of Agriculture. Tiré de George Adams, Agriculture Course, p131, Rudolph Steiner Press, 2018

6Lecture faite à Koberwitz le 16 juin 1924 la huitième du cycle Spiritual Foundations for the Renewal of Agriculture. Tiré de George Adams, Agriculture Course, p149, Rudolph Steiner Press, 2018

7Eric Schlumberger, Planète, n°40, mai/juin 1968, p90

8Eric Schlumberger, Planète, n°40, mai/juin 1968, p92 - d’autres sources mentionnent quatre ou neuf corps.

9Mouvement ésotérique dont Steiner s’est dégagé pour former l’anthroposophie

10Eric Schlumberger, Planète, n°40, mai/juin 1968, p92-93

11Cette section est inspirée d’une lecture faite à Dornach le 2 novembre 1923, la septième du cycle : harmonie du monde créateur. Tiré de Hugh J. Courtney, What is Biodynamics, SteinerBooks, 2005

12Dieu du mal chez les Zoroastriens.

13Eric Schlumberger, Planète, n°40, mai/juin 1968, p92

14Serge Bramly, Rudolf Steiner, prophète de l’homme nouveau, p144-145, Culture, Arts, Loisirs, Paris, 1976

15Eric Schlumberger, Planète, n°40, mai/juin 1968

16Lecture faite à Dornach le 3 novembre 1923, la huitième du cycle : harmonie du monde créateur. Tiré de Hugh J. Courtney, What is Biodynamics, Stei-nerBooks, 2005

17Selon Ehrenfeld Pfeiffer, dans la préface à George Adams, Agriculture Course, p8, Rudolph Steiner Press, 2018

18Il s’agit ici d’une sorte de principe vital.

19Cycle Spiritual Foundations for the Renewal of Agriculture. Du 7 au 16 juin 1924. Tiré ici de Hugh J. Courtney, What is Biodynamics ?, SteinerBooks, 2005 et George Adams, Agriculture Course, Rudolph Steiner Press, 2018

20Cette image ancienne était courante jusqu’à la Renaissance. Aristote l’avait utilisée par analogie avec les fonctions nourricières de la bouche et des racines. Selon : Scott Atran, Fondements de l’histoire naturelle p164-166, Éditions Complexe, 1986 avec référence vers : François Jacob, La Logique du vivant, p28-31, Gallimard, 1970, Michel Foucault, Les mots et les choses, p36-37, Gallimard, 1966, Aristote, De Anima

21Genre de plantes comprenant notamment les prêles.

22Une caractéristique remarquable des membres du genre Equisetum est leur capacité d’intégrer le silicium et de l’accumuler dans leurs tissus. Cette accumulation confère une certaine rigidité et stabilité à la plante. Plusieurs recherches indiquent que la silice peut procurer une protection contre les champignons pathogènes et contre les attaques des insectes. (Wikipédia)

23Quatrième et actuel âge de la cosmogonie hindoue. Les hindous croient que la civilisation humaine dégénère spirituellement au cours du Kali Yuga, qui est dénommé « l'âge noir », car durant cette période les gens sont aussi éloignés que possible des Dieux (tiré de Wikipédia).

24enlivening

25Tiré d’une conversation avec un certain Dr. Streicher cité in George Adams, Agriculture Course, p162, Rudolph Steiner Press, 2018

26Les nématodes ne sont en fait pas des insectes mais de très petits vers ronds non segmentés.

27Les branches et les feuilles en fait.