Par créationnisme, la plupart des gens entendent à tort le seul créationnisme de la jeune terre, qui nie que la terre ait plus de 9000 ans environs.


Il existe pourtant bien d’autres formes de créationnismes, ne niant pas le grand âge de la Terre ni même l’existence de l’évolution mais bien ses mécanismes « darwiniens », même dans un sens très large du mot.


Il y a la théorie du dessein intelligent, qui affirme l’évolution guidée par une main divine. C’était la conception d’Asa Gray, premier défenseur de Darwin aux États-Unis, ce qui rendait ce dernier très malheureux. Après une longue éclipse, cette doctrine a connu un regain d’intérêt à la fin du siècle dernier.


Il y a le créationnisme évolutionniste, défendu notamment par l’association BioLogos, qui, reprochant au dessein intelligent de ne pas prendre en compte le message chrétien, tente de concilier la bible et la science évolutionniste, en un sens non-darwinien s’entend.


Et il y a l'intendance de la création, un point de doctrine que l’on trouve dans de nombreuses écothéologies et qui nous perçoit souvent comme les héritiers de la mission de cultiver et entretenir la jardin d’Éden confiée par Dieu à Adam et encore parfois comme ceux de sa faute, le péché originel, commise pour avoir mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.


À ces formes explicites de créationnismes s’ajoutent une kyrielle d’expressions implicitement créationnistes.


Ainsi de l’expression dérèglement climatique que l’on entend de plus en plus souvent en lieu et place de changement climatique et réchauffement climatique.


Ainsi de nombres d’expressions parties prenantes à la sémantique édennique.


Ainsi des mesures interdisant la participation d’animaux «sauvages» à des spectacles ou des tentatives d’empêcher que le bétail soit logé sous toit. Ces animaux n’auraient pas étés faits pour cela.

En réalité ils n’ont pas étés faits pour quoi que ce soit car ils ne sont pas issus d’une création divine mais des processus aveugles de la sélection naturelle. Nous n’avons pas été faits pour aimer Molière ou dormir sous une couette bien chaude. Nous avons profité des libertés que nous laisse l’aveuglement de notre environnement pour nous créer ces petits plaisirs.

De même, en cas de forte pluie, les chevaux vont d’eux-mêmes dans les abris de fortune construits dans leurs pâtures, les vaches se réfugient instinctivement sous les arbres et rejoignent librement leurs étables quand il fait froid pourvu que les portes en restent ouvertes. Et l’expérience montre que quantités d’animaux sont parfaitement capables d’apprécier une participation à certains spectacles tout comme les humains. Que nous les percevions comme «sauvages» ou pas.