On entend de plus en parler de dérèglement climatique, version créationniste du réchauffement qui ignore que le climat n’a jamais été réglé.

On pense à la métaphore du grand horloger de l’univers de William Paley1.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ignore l’expression car comme son nom l’indique, il ne s’agit que de changement climatique, défini comme suit : On entend par changements climatiques des changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables.

Nulle idée de dérèglement ici. Bien le concept plutôt culpabilisant d’altération. Et on remarque que la variabilité naturelle est exclue de l’expression changements climatiques. On peut craindre un certain fatalisme face aux catastrophes naturelles «légitimes» par rapport à celles causées par les descendants d’Adam.

De fait, l’expression dérèglement s’apparente au concept de péché contre la création.

Sur le plan pratique, elle ajoute aux deux bras officiels de la lutte climatique – atténuation et adaptation – l’obligation de re-régler la machine du grand horloger de l’univers.

Laquelle n’existe pas.


1William Paley (1743-1805), théologien anglais.