D'une part, en tant que scientifiques, nous sommes éthiquement liés à la méthode scientifique, promettant en fait la vérité, toute la vérité et rien que la vérité - ce qui signifie que nous devons inclure tous les doutes, les mises en garde, les si, les et et les mais. D'un autre côté, nous ne sommes pas seulement des scientifiques mais aussi des êtres humains. Et comme la plupart des gens, nous aimerions voir le monde meilleur, ce qui dans ce contexte, se traduit par notre travail pour réduire le risque de changements climatiques potentiellement désastreux. Pour ce faire, nous devons obtenir un large soutien, pour capter l'imagination du public. Cela, bien sûr, signifie obtenir beaucoup de couverture médiatique. Nous devons donc proposer des scénarios effrayants, faire des déclarations simplifiées et dramatiques et ne faire aucune mention de tout doute que nous pourrions avoir. Ce "double lien éthique" que nous trouvons fréquemment en nous-mêmes ne peut être résolu par aucune formule. Chacun de nous doit décider du juste équilibre entre être efficace et honnête, j'espère que cela signifie les deux.


Stephen Schneider, Science as a Contact Sport, National Geographic Society, p214.(ma traduction)


Ce texte d’une grande lucidité expose le dilemme auquel tout scientifique désireux de mettre ses connaissances scientifiques au service d’une cause politique s’expose.

Rester dans les limites de ce juste équilibre n’est pas facile

Trop souvent des scientifiques se cachent derrière l’argument d’autorité pour imposer leur arbitraire idéologique et religieux. Ainsi l’appel à des politiques basées sur les preuves doit être mis en perspective avec les préjugés idéologiques de tout un chacun, scientifiques compris. Une synthèse de cette problématique a été tentée par Paul Cairney.


Et d’autres franchissent la ligne rouge qui sépare la science qui questionne le monde dans lequel nous vivons de celle qui n’est plus qu’une façade pour un militantisme qui n’hésite pas à jouer sur l’émotion du public pour imposer ses vues.