Haro sur les gros !


Dans la foulée de la pandémie Covid 19, le monde développé se lance dans une guerre contre l’obésité présentée elle aussi comme une épidémie bien que non infectieuse.

L’Organisation mondiale de la santé sonne le tocsin, l’Union Européenne lance une croisade contre l’obésité et le Royaume-Uni, bien que brexité n’est pas en reste. Des voix s’élèvent pour dénoncer le coût de l’obésité sur le système de santé. L’argument n’est pas neuf et vient de servir pour culpabiliser les victimes du covid qui avaient refusé la vaccination. Il me revient que, alors que j’étais à la charnière de l’enfance et de l’adolescence, il était déjà avancé pour faire taire les opposants au port de la ceinture de sécurité rendu obligatoire dans les voitures. J’étais alors surpris par ce que je percevais comme l’inconscience des uns et l’intolérance des autres.

Le chantage au coût de nos comportement sanitaire s’est malheureusement développé depuis lors. Notre bonheur de disposer d’une sécurité sociale développée se transforme alors en dictature. Le dilemme classique entre sécurité et liberté joue ici à fond contre cette dernière.

L’argument du coût pourrait d’ailleurs souvent être faux, car celui qui vie longtemps après avoir suivi une vie sage peut bien finir par coûter plus cher par l’accumulation de soins pour des problèmes mineurs, ou parce qu’il finit sa longue vie dans la forêt de tuyaux d’une chambre d’hôpital subsidiée. De plus celui qui meure plus jeune coûte moins cher en retraites.

Et ce qui est reproché aux gros est de ne pas chercher à maximiser leur espérance de vie. Un péché hérité de l’ancien péché de suicide. Leur vie peut-en devenir psychologiquement difficile sous le poids de l’intolérance publique.

rCertains scientifiques considèrent qu’ils ont un devoir éthique d’inciter les gouvernants à agir pour freiner cette épidémie. Sur fond de guerre tribale entre scientifiques militants et scientifiques de l’industrie, la malbouffe industrielle étant pointée du doigt comme la principale coupable du problème.

On pourrait comprendre un devoir éthique d’informer nos élus, certainement pas accepter que les scientifiques fassent pression sur eux. Il est déresponsabilisant d’invoquer un tel devoir. Les scientifiques confisquent alors la démocratie sans plus être responsables de leur dictature. Dieu la veut !


Le concept de maladie a plusieurs facettes. Je suis malade, le médecin dit à son patient : vous êtes malades, la société dit de quelqu’un : il est malade...trois sens différents du mot maladie. Trois sens aux consonances politiques bien différentes. Les médecins militants contre l’obésité disent des gros : ils sont malades, et ce faisant imposent leur jugement de valeurs à la société en court-circuitant les mécanismes démocratiques. Ils abusent ainsi de la confiance sociétale dont ils bénéficient grâce à l’illusion qu’ils font une science objective qui s’efforce d’être neutre en valeur. Et parmi les enjeux figure le droit de tout un chacun de décider lui-même s’il est malade ou non.

Tordons au passage le cou au mythe du régime «équilibré».

Il y a une grande différence entre reconnaître l’existence de comportements alimentaires néfastes pour notre santé et la croyance naïve en un comportement idéal, optimal pour elle, qui ne peut exister vu l’aveuglement des mécanismes qui nous ont façonné.

Et l’avis dominant dans les milieux médicaux semble en train de migrer de la culpabilisation des graisses vers celle des glucides. Si la migration est justifiée, quid des personnes qui ont, en toute confiance, suivit des régimes qui s’avèrent néfastes à l’autopsie – parfois littéralement ? Notons que fixer la limite entre les minces, les pré-obèses et les obèses échappe à tout contrôle démocratiques. Elles sont souvent fixée par les mêmes institutions qui appellent à la croisade contre l’obésité ! Au cœur de la dictature sanitaire.