voir la Liste des ONG principalement citées sur ce site.



Les organisations non gouvernementales sont un élément clé du système politique actuel, particulièrement quand elles sont actives dans le domaine environnemental.

Elles défendent alors des conceptions naturistes et sont un des piliers de la biocratie en cours de développement.

Les plus puissantes sont gérées comme des entreprises brassant parfois des centaines de millions de dollars annuellement et pouvant compter en outre sur la collaboration de scientifiques militants jouissant souvent d'une position privilégiées auprès des instances de leurs gouvernements et de l'ONU.

Dès les années soixante l’IUCN a fait pression sur l’ONU pour qu’elle accorde un statut d’observateurs aux ONG et fut l’une des rares d’entre-elles déjà accréditée à la conférence de Stockholm de 1972 sur l’environnement, à l’origine de la fondation de l’UNEP, et impliquée dans les conventions qui en furent issues1.

Elles ont ensuite profité à fond de l'invitation adressée par l'ONU, via la commission Brundtland, à prendre plus de pouvoir politique. On les trouve représentées dans les réunions COP, tant climatiques que pour la biodiversité. Dans certaines réunions du GIEC. Considérée hypocritement comme des observateurs, elles y vont pour faire pression en faveur de leur vision idéologique du monde. Sans le moindre mandat démocratique. Sans obligation de résultats.

Elles rappellent les ordres monastiques de jadis, veillant au respect de la foi verte et de la Création. Certaines sont relativement pacifiques, tels les Franciscains. D'autres plus politiques, comme les Jésuites. Et d'autres encore, tout à fait combattantes, ressemblent aux Templiers ou aux Chevaliers porte-glaive.

Grâce à elles, naturisme, holisme, organicisme, vitalisme, les quatre cavaliers de l’apocalypse du mysticisme vert, galopent un peu partout pour nous entraîner vers les abîmes de la biocratie.

Le monde politique, par crainte ou respect, leur déroule le tapis rouge. Ainsi du Grenelle Environnement, organisé en 2007 par le président Sarkozy, ensemble de discussions politiques associant gouvernement et ONG triées sur le volet afin de prendre des décisions en matière d'environnement. Une fois retiré de la vie politique, François Fillon, alors premier ministre, déclara à la presse qu'il s'agissait d'une sorte de deal de Nicolas Sarkozy avec les écologistes : le nucléaire contre les OGM. Elles ont engrangé l'interdiction de facto des prétendus OGM et poursuivi sans remords leur lobbying anti-nucléaire.

En Belgique, un usage semble s'établir, lors de la formation de gouvernement fédéraux ou régionaux, de consulter la société civile, soit les ONG. Reconnaissance d'un pouvoir politique qui s'appuie très largement sur des concepts et législations issues de cette mondialisation de l'environnement. Érodant ainsi sa légitimité élective d’autant plus qu’il est redevable de nombreux comptes extérieurs eu égard aux masses de traités internationaux issus de cette mondialisation et d’autres.


Les ONG ont reçu de l'ONU une autre faveur : celle, pour nombre d'entre elles, d'être officiellement reconnues comme représentantes de la Société Civile.

En pratique l'importance sociétale prise par l'environnement a fait que les ONG environnementales censées représenter la société civile ont fini par l'incarner. Dans le langage médiatique et politique francophone, ces organisations sont devenues la société civile elle-même, à l'exclusion des simples citoyens. Elles réclament – et obtiennent – un pouvoir politique qui sort du cadre démocratique. Et ont reçu le droit d’aller en justice pour faire valoir leurs points de vue idéologiques.

Elles sont irresponsables car elles n'ont aucun compte à rendre aux électeurs ou à leurs élus. Ni même aux faits. Leur vision du monde est un credo qui échappe à tout contrôle extérieur, fût-il de la réalité. Certaines reçoivent des subsides parfois très substantiels et la plupart bénéficient indirectement des déductions fiscales accordées aux dons qu'elles reçoivent. Étonnement, l'Union Européenne accorde à certaines d'entre elles des subsides censés les mettre à égalité avec les lobbies industriels et peser sur les politiques de l'Union, subsides qui leur permettent de les influencer et, le cas échéant, s'y opposer.


Dès juin 1988 les ONG environnementales participèrent à la conférence de Toronto, où elles tentèrent d’y imposer une réduction des émissions de gaz à effet de serres de 20 % pour 2005. Cet objectif paru irréaliste à de nombreux experts, notamment Houghton, Schneider et Bolin.


Le réchauffement climatique, écrit Bolin2, motiva rapidement les ONG environnementales. Greenpeace, en particulier, fut vite actif sur le sujet et, ayant recruté de nombreux scientifiques bien connus, publia un rapport3 détaillé en 1990. Mais les arguments de Greenpeace n’étaient pas toujours scientifiquement fondés. J’ai mentionné au président4 de Greenpeace les discordances entre leurs analyses scientifiques et stratégie d’action mais sans réponse satisfaisante. Greenpeace avait une influence significative sur les délégués, et non la moindre sur les pays en voie de développement. De fait, les affirmations des ONG étaient cités plus souvent que les rapports du GIEC lors des sessions plénières. Cependant, leurs interventions dans le débat politique étaient largement basées sur les travaux du GIEC.


Les ONG ont joué un rôle important lors de la conférence de Rio de 1992 qui a notamment mis en place des conventions sur la diversité biologique et le changement climatique et le processus de Conférences des Parties (COP). Les réunions étaient hautement contentieuses, écrit Schneider. Les problèmes étaient accentués par la présence importante des médias, des ONG, de scientifiques indépendants et organisations académiques qui s’enregistraient comme non-délégués mais avaient beaucoup à dire. Toutes ces interférences dérivaient de la volonté de la Deuxième Conférence sur le Climat5 d’avoir des «réunions réelles». Les rapports des scientifiques avec la presse et les ONG n’étaient pas toujours faciles, provoquant un risque d’auto-censure. Schneider rapporte que Houghton fut inquiet d’ouvrir une discussion publique sur un point scientifique qu’il proposait par peur que des éléments extrémistes de la presse et les ONG ne les tirent hors de leur contexte6.


Après la conclusion de l’accord de Paris en 2015, l'ONG Avaaz titre sur son site : Victoire ! La fin des carburants fossiles a commencé. Un tournant massif et brillant dans l'histoire de l'humanité. Et de s'attribuer une bonne partie du succès. Lorsque le ministre indien des finances s'oppose à un programme à 100% d’énergies propres, Avaaz a filmé Chennai sous les eaux et a projeté les images sur un écran dans le site des pourparlers, accompagnés de messages issus de toute l'Inde. Le lendemain le premier ministre indien, Modi, changeait d'avis. Ce n'était qu'un début. Leurs marches, messages et leurs appels vidéo sont diffusés en boucle juste en dehors de la principale salle de négociation. Leurs appels sont constamment rappelés aux chefs d'états, ministres et à leurs équipes. Dans le plus pur style western, ils placardent dans Paris des affiches wanted à l’effigie de ceux qu'ils considèrent comme les principaux représentants des industries fossiles et climato-sceptiques. Après avoir identifié l'Argentine et l'Arabie Saoudite comme des obstacles majeurs à l'accord, les membres d'Avaaz déclenchèrent des actions massives dans ces deux pays. Le président argentin, qui s'était engagé en faveur des énergies renouvelables est inondé de messages jusqu'à ce qu'il envoie une délégation à Paris. L'Arabie Saoudite réagit en menaçant l'ONG de poursuites judiciaires. Laquelle se targue d'avoir reçu les remerciements de la délégation allemande pour le support reçu à sa propre action.


La John Ray Initiative, fondée par John Houghton titre sur son site que l'accord climatique a besoin de prêtres et de prophètes.


Cette ONG est exemplaire d’un type d’ONG peu médiatisées chez nous : les ONG écoreligieuses dont la plus puisssante fut l’Alliance des religions et de la conservation, fondée par le WWF à l’instigation de son président de l’époque, le Duc d’Edimbourgh.


La COP26 de Glasgow ne faillit pas à la tradition d’une abondante présence d’ONG éco-religieuses. Aux noms parfois pittoresques : Eden Vigil, Green Christian, Operation Noah, Eco Church, ou Creation Care. Des ONG mariant science et foi également : Faraday, Christians in Science et la John Ray Initiative de John Houghton – mort l’année précédente des suites de la covid 19. Le site de la JRI mentionne le témoignage du Révérend Dr Daniel Button, théologien, participant à la COP comme observateur au nom du Christian Climate Observers Program (CCOP). À Glasgow, il a le privilège de pouvoir assister à une réunion privée avec Al Gore. Celui-ci décrit la crise du changement climatique comme une question morale, éthique et spirituelle. C’est vraiment un choix moral, dit Gore, nous détruisons la création pourvoyeuse de vie, complexe et équilibrée. C’est immoral, c’est inacceptable. Mais il croit encore que nous allons gagner la lutte. En se gardant toutefois de la colère et de la frustration. En s’accrochant à l’espoir. Button se dit lui-même sans optimisme mais plein d’espoir. Cela peu paraître paradoxal car il sait que les rapports montrent que nous sommes loin de pouvoir limiter le réchauffement à 1,5°. Alors où est l’espoir ? L’espoir Chrétien est pour lui enraciné dans la confiance en la loyauté d’un Dieu aimant qui n’abandonnera pas sa création. L’espoir est une discipline, pas une émotion ; un devoir, pas un luxe. L’espoir est mettre notre foi en action, en persévérant à tout prix. Et il souligne que sauver la planète – pour qui ? - n’est pas la même chose que veiller sur toute la création de Dieu.

Nous avons vu que les climatologues alarmistes de la première heure n’hésitaient pas à montrer leur agacement face aux excès des ONG environnementales même s’ils leur gardaient généralement leur sympathie, convergence politique oblige. Rien de tel chez les inventeurs de la biodiversité qui font eux-même partie du problème. On les retrouve en effet souvent dans des postes de direction ou de conseil au sein de ces ONG. À la source de leurs excès. Darwiniens côté cour et religieux coté jardin. Relevons que Cobb a souligné que les scientifiques hautement formés sont autant que les personnes peu éduquées susceptibles de succomber à l’autoritarisme dans les domaines de l’Éthique et de la religion7.

Nombres d’ONG environnementales ont joué un rôle actif dans la lutte contre les biotechnologie telles que les « OGM » et notamment contre le riz doré. Certaines de ces organisations n’hésitent pas à s’attaquer directement aux entreprises contraires à leur credo naturiste. Parfois avec la bienveillance de la justice. Ainsi, en 1999, les membres d’un commando de Greenpeace sont acquittés au Royaume-Uni pour le saccage d’un champ de céréales génétiquement modifiées. Le jury a en effet accepté leur défense d’avoir agi par ce qu’ils pensaient que le champ allait polluer l’environnement. Son chef était Lord Melchett8, à l’époque directeur exécutif de Greenpeace UK et plus tard l’un des cadres de la Soil Association. Un membre de l’establishment qui tourna militant radical, selon le mot d’une amie9. En conséquence, un agriculteur n’eut que ses yeux pour pleurer la ruine de ses rêves et de ses efforts.

Depuis quelques années, la France est victime des vandalismes récurant de faucheurs volontaires. S’attaquant d’abord aux essais d’OGM, puis aux produits de techniques autorisées mais qualifiées d’OGM cachés par les faucheurs, qu’ils soient produits par des firmes privées ou des organismes d’états, la frange la plus extrémiste du mouvement finit par s’attaquer à toute forme d’expérimentation symbolisant une agriculture technologique que les faucheurs exècrent. Y compris concernant des plantes issues d’hybridations classiques. Y compris pour des recherches menées dans le cadre de l’agroécologique. Y compris de semences destinées à l’agriculture biologique. Rares sont les poursuites judiciaires.

C’est le bons sens qui finit fauché par le fanatisme dans une société qui a renoncé à protéger la créativité dans le domaine le plus important pour notre avenir : l’agriculture.


Dans le monde des ONG aussi, comme dans toutes les formes de lobbysme, on cherche à étudier la meilleure façon d’influencer les décideurs. C’est politiquement moins délicat que pour les milieux scientifiques, la vocation de ces ONG étant avant tout d’influencer le monde politique. Chris Rose, consultant en communication, ancien employé des Amis de la Terre, du WWF et Greenpeace UK, a établi un petit vade-mecum de modestes suggestions pour ceux qui veulent sauver le monde, selon ses propres termes10. Un exemple parmi beaucoup d’autres. La communication est au cœur du succès des ONG.

Dans le monde des ONG comme dans toutes les formes de lobbysme, on cherche à étudier la meilleure façon d’influencer les décideurs. C’est politiquement moins délicat que pour les milieux scientifiques, la vocation de ces ONG étant avant tout d’influencer le monde politique.

Chris Rose, consultant en communication, ancien employé des Amis de la Terre, du WWF et Greenpeace UK, a établi un petit vade-mecum de modestes suggestions pour ceux qui veulent sauver le monde, selon ses propres termes11. Un exemple parmi beaucoup d’autres. La communication est au cœur du succès des ONG.


En 2007, plus de 270 ONG se sont unies dans une campagne visant à transformer l'ONU en démocratie parlementaire. Pour y arriver, il faudrait commencer à abolir le pouvoir indu que les ONG y ont reçu. Ce n’est pas le moindre paradoxe de l’entreprise. Il faudrait transformer tous ses membres en démocraties – ou les exclure, enterrant au passage la mondialisation de l’environnement qui est le but de l’entreprise. Et rendre la parole à la société réelle. Utopique ?














1Selon Wikipédia

2Bolin, An History of the Science and Politics of Climate Change p77-78, Cambridge University Press

3Legget,J, 1990, Global Warming ; The Greenpeace Report. Oxfor d : Oxford Oxford University Press

4Leader. Nous présumons qu’il s’agissait du président.

5Conférence de Genève, 1990

6Schneider, Science as a Contact Sport, p136

7John Cobb in Sheila Greeve Davaney, Theology at the End of Modernity, p181, Trinity Press International, 1991

8Peter Robert Henry Mond, 4th Baron Melchett (24 February 1948 – 29 August 2018)

9Environmental campaigner Lord Peter Melchett dies, aged 71, site internet de la BBC, 31 août 2018

10Sur son site campaignstrategy.org

11Sur son site campaignstrategy.org