Le saint des saints pour ce qui est de la conservation de la nature est l’IUCN (The International Union for Conservation of Nature), célèbre surtout pour la publication de sa liste rouge des espèces menacées. Elle publie également une liste rouge des écosystèmes . Elle fut fondée en 1948 par Julian Huxley, alors directeur général de l’UNESCO et petit-fils de William Huxley.

Dans les années soixante, l’IUCN a fait pression sur l’ONU pour qu’elle accorde un statut d’observateurs aux ONG et fut l’une des rares d’entre-elles déjà accréditée à la conférence de Stockholm en 1972 et impliquée dans les conventions qui en furent issues1.

Ce serait l’IUCN qui aurait utilisé le terme développement durable en premier, en 1980, dans un document2 conçu avec l’aide de l’UNEP et du WWF.

On y lit : la conservation et le développement ont si rarement été combinés qu’ils apparaissent souvent comme étant incompatibles. Les conservationnistes eux-mêmes ont aidé plutôt inconsciemment à nourrir cette idée fausse. Trop souvent ils se sont autorisés à être vus comme opposés à tout développement. Le but de la stratégie proposée était d’aider à avancer l’accomplissement du développement durable à travers la conservation des ressources.l


En 1988, l’IUCN donne une définition de la biodiversité lors de sa XVIIIème assemblée générale qui se tient au Costa Rica: La diversité biologique, ou biodiversité, est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants. Ceci inclut la variabilité génétique à l’intérieur des espèces et de leurs populations, la variabilité des espèces et de leurs formes de vie, la diversité des complexes d’espèces associées et de leurs interactions, et celle des processus écologiques qu’ils influencent ou dont ils sont les acteurs [dite diversité écosystémique].3


Sur son site, lIUCN nous dit que le bien-être des populations du monde entier dépend des écosystèmes sains pour fournir des biens, comme la nourriture et l'eau, et des services comme la régulation du climat et la protection contre les risques naturels.

On remarque ici les expressions douteuses mais à connotations très positives de service, régulation du climat et de protection contre les risques naturels.

On y remarque aussi au mot sain la métaphore de l’organisme et on se rappellera que Tansley avait fondé le concept d’écosystème précisément pour s’opposer à la vision organiciste de l’environnement.

Le glossaire de l’IBPES 2020 nous dit que La santé de l'écosystème est une métaphore utilisée pour décrire l'état d'un écosystème, par analogie avec la santé humaine. Notez qu'il n'y a pas de référence universellement acceptée pour un écosystème sain. Au contraire, l'état de santé apparent d'un écosystème peut varier, selon les mesures utilisées pour le juger et les aspirations de la société qui déterminent l'évaluation.


Selon le site Écolopédia l’UICN est le plus vaste réseau mondial de protection de l’environnement qui rassemble plus de 1400 membres, dont 1213 ONG, 23 organisations de peuples indigènes et 212 gouvernements et agences gouvernementales, ainsi que plus de 18.000 experts bénévoles répartis dans plus de 160 pays. Basée en Suisse, elle a 42 bureaux régionaux et nationaux, ainsi que des centaines de partenaires du secteur public et privé et des ONG du monde entier. Au-delà de son expertise technique, l’UICN souligne «l’importance de lier la spiritualité, la religion, la culture et la conservation».









1Selon Wikipédia

2World Conservation Strategy

3Cité par Hervé Le Guyader in : La biodiversité : un concept flou ou une réalité scientifique ?