Norman Myers (1934 – 2019) était un écologue britannique spécialisé dans la biodiversité. Il est l’auteur du chapitre 3 de Biodiversity et fut cité dans le rapport de la Commission Brundtland.

Senior Fellow 1du WWF et présent à la « croisière de l’apocalypse », il fut un exemple type de biologiste qui valorise la biodiversité pour des raisons spirituelles et esthétiques.

Selon Takacs, il proclame que chaque espèce, comme manifestation de la force de vie de la création sur terre mérite d’avoir sa propre chance de vivre son étendue de vie. Si la biodiversité disparaît notre « sécurité spirituelle est en danger »2.

Le chantage à la peur ne lui est pas étranger: la perte de la biodiversité retardera la lutte contre le cancer pour des années3.

Sur les questions de savoir combien d'espèces nous avons déjà perdues, craignons de perdre et à partir de quel seuil la perte d'espèces attendra un niveau catastrophique, Norman Myers surenchérit : Nous ne connaissons tout simplement pas les réponses à ces questions capitales. En effet, nous sommes très loin de savoir même comment trouver les réponses. Plutôt que d'apprendre à fournir les réponses, nous avons encore à apprendre comment poser les questions correctes. À la lumière de cette incertitude brute, n'est-ce pas la voie de la prudence de se tromper du côté de la sécurité en sauvant un nombre maximum d'espèces plutôt que le nombre optimum ?4

Auteur en 1979 de The Sinking Ark – l’arche qui coule, au nom biblique évocateur –, il retombe sur terre en 1983 avec A Wealth of Wild Species – une prospérité par les espèces sauvages – réduisant ses motivations à des raisons économiques pragmatiques.

Pourquoi ? Parce que partout où il se présente pour défendre sa cause, les questions portent avant tout sur l’impact économique d’une perte de la biodiversité. La plupart des biologistes adaptent leur discours à cette requête, plus pour plaire et convaincre que par conviction.

Wilson le situe dans le petit groupe militant que Wilson surnomme en plaisantant la maffia de la forêt tropicale, avec notamment Wilson, Peter Raven, Jared Diamond, Paul Ehrlich, Thomas Eisner, Daniel Janzen, Thomas Lovejoy5.

Pour Ariel Lugo la déforestation du couvert primaire à Puerto Rico a atteint 99%, mais les forêts secondaires et les plantations de café font que la surface boisée n'est jamais descendue sous les 10 à 15%. Et celles-ci ont servi de refuge à de nombreuses espèces. Les pertes sont très inférieures aux 50% revendiqués par Norman Myers

1 Chercheur expérimenté

2 The Idea of Biodiversity , D. Takacs , John Hopkins University Press 1996, p256-257

3 The Idea of Biodiversity , D. Takacs , John Hopkins University Press 1996, p208

4 Myers, Biological Diversity and Global Stability, p20-21. In Bormann, Herbert et Kellert, Ecology, Economics, Ethics : The Broken Circle, 1991, Yale University Press, cité. Par Takacs, The Idea of Biodiversity, p86 John Hopkins University Press 1996,

5 Naturalist, 2006, Island Press p356-358