Peter H.Raven, né en 1936, fut directeur du Missouri Botanical Garden, St. Louis, Missouri, de 1971 à 2011, l'un des organisateurs du forum de 1986 à l’origine du mot biodiversité, auteur du chapitre 12 de Biodiversity, signataire de l'appel de Carl Sagan ainsi que, en 2007, d’un appel d’évangélistes et de scientifiques pour protéger la Création – ce dernier terme ayant été approuvé par tous les participants1. Parmi les signataires, on retrouve Calvin DeWitt, l’évêque de Liverpool, Peter Seligmann et E.O. Wilson.

C'est l'exemple militant de Peter Raven qui a incité Wilson à sauter dans le train du militantisme politique en faveur de la conservation de la Nature. Raven, décrit par Takacs comme prosélyte de la biodiversité autoproclamé, remarque que les politiques sont affamés de l’expression d’opinions authentiques de gens informés et nous devons participer au processus politique pour faire marcher tout ça2.

Pour lui, la perte de biodiversité est le plus grave problème à affronter, bien pire que le réchauffement climatique ou la détérioration de la couche d'ozone stratosphérique3. Dans Biodiversity, il affirme que le taux d’extinction actuel est le plus important depuis la crise qui a provoqué la disparition des dinosaures, il y a plus de 65 millions d'années.

Il croit à la valeur intrinsèque de la biodiversité … bien que l'explication qu'il en donne à Takacs soit plutôt pittoresque : Le monde est un lieu rempli de biodiversité. Et je le regarde de manière holiste. Et je nous y vois comme une espèce. Et je dis que çà a de la valeur intrinsèque. C'est ce que c'est. Çà l'est fondamentalement. C'est le monde. C'est presque au-delà de prendre une décision ou même d'y penser. C'est la planète sur laquelle nous vivons4.

Il ne se considère pas formellement religieux mais bien intrinsèquement, par sa relation avec la nature et la biodiversité.

Signataire de l'appel de Sagan, il adhère aux principes de l'intendance : Autant que nous le sachions nous sommes les seuls choses vivantes dans l’univers et nous avons une responsabilité basé sur ce fait, ce fait spirituel, que de garder et maintenir la biodiversité.

Et il a une justification ingénieuse au double – voire multi – langage du militantisme : parce qu'il voit le monde comme un tout, les sphères sociales, politique et la biosphère complètement entremêlées, il peut présenter l'ensemble de la façon qu'il veut selon l'audience5.

Sur la question du dualisme nature – humanité, Il emprunte à Bill McKibben6 la vision d'une fin de la nature : il est spirituellement justifié de séparer la nature et l'humanité, mais cette dernière ayant souillé le moindre recoin de la planète, il n'est pratiquement plus possible de séparer l'humanité du reste de la création.

Même la wilderness chantée par les poètes et les écologistes n'existe plus que comme une création humaine, gérée où et quand nous le voulons bien.

Son seul espoir pour un monde stable est la spiritualité ou la réalisation qu'il y a des valeurs plus profondes. La philosophie d'Ehrenfeld lui convient, et il souhaite que d'autres l'y joignent.


Une des ses étude est référencée dans le rapport de la commission Brundtland de l’ONU, en 1987, alors que le livre est encore sous presse.

espèces biologiques une conséquence de la cohésion interne de leur pool génétique.

Wilson le place dans le petit groupe militant qu’il surnomme en plaisantant la maffia de la forêt tropicale, avec notamment Wilson, Jared Diamond, Paul Ehrlich, Thomas Eisner, Daniel Janzen, Thomas Lovejoy, Norman Myers7.








1Katharine K. Wilkinson, Between God & Green, p78,Oxford University Press

2Takacs, The Idea of Biodiversity, p126

3Takacs, The Idea of Biodiversity, p200

4Takacs, The Idea of Biodiversity, p252

5Takacs, The Idea of Biodiversity, p286

6William Ernest Bill MCKibben, né en 1960, est un journaliste et militant écologiste américain.

7Naturalist, 2006, Island Press p356-358