Le post-modernisme est un thème que j'aurais préféré éviter tant le concept est flou. La fascination des uns et la répulsion des autres impliquent pourtant d'essayer de le traiter. L’origine du terme se trouve probablement dans les milieux artistiques avant de s’étendre dans les domaines politiques et philosophiques.

Il suscite beaucoup d’intérêt chez les écothéologiens et les éthiciens de l’environnement. Ils y voient l’occasion de réfuter ce qu’on appelle parfois la vision mécaniste, ou réductionniste, des temps modernes. L’héritage de René Descartes et Francis Bacon est largement décrié.

Cela débouche sur une démarche politique forte. Basée sur l’état économiquement stable, la décroissance des pays riches mais aussi sur le rejet de l’anthropocentrisme et l’avènement d’une éthique biocentriste. Holisme et organicisme sont omniprésent dans ces visions du monde.


Sally Mc Fague est une écothéologienne qui doit sa renommée à une théologie basée sur un travail linguistique axé sur la métaphore, pratique typiquement postmoderne, qui la mène à considérer l'univers comme la métaphore du corps de Dieu. Elle soutien la nécessité théologique de prendre en compte les représentations de la science post-moderne car elle cherche une interprétation holiste du monde et pour elle ce n'est pas possible sans prendre la vision scientifique au sérieux. À ses yeux la science post-moderne présente une vision très différente de la vision mécaniste de Bacon, Descartes et Newton. Ce n'est pas une idéologie monolithique, absolutiste ou objectiviste. C'est une vision organique, dynamique, où les relations sont plus importantes dans un univers qui est un tout. Dans un ouvrage collectif célébrant la fin de la Modernité1, elle prône la transition de la démocratie vers la biocratie car, dit-elle, nous sommes citoyens de la planète terre, une espèce parmi d'autre


Charles Birch se singularise en s’opposant également au postmodernisme déconstructiviste de philosophes tels que Martin Heidegger, Jacques Derrida ou Gilles Deleuze qu’il accuse d’avoir déconstruit la métaphysique au point d’extinction. Il défend ce qu’il appelle un post-modernisme constructif, qui cherche l’unité de la science, de l’éthique, de l’esthétique et de la religion.









1Sheila Greeve Davaney, Theology at the End of Modernity, p36, Trinity Press International, 1991