Le principe de Noé est le recours à l’histoire biblique de l’arche de Noé pour justifier la protection des espèces en danger de disparition. Il est une illustration du principe de valeur intrinsèque.

En 1973, Calvin DeWitt l’avait victorieusement brandi pour venir au secours de l’Endegered Species Act1 menacé par des critiques hostiles.

En 1978, David Ehrenfeld le défend dans son livre The Arrogance of Humanism2.

Pour lui, on ne trouve qu'un seul recensement dans la culture occidentale d'un effort plus grand que celui en cours concernant les espèces en danger. Aucune espèce n'a été exclue sur base d'une priorité inférieure, et aucune espèce n'a été perdue. Et c'est un précédent excellent3 :

Des animaux purs et des animaux impurs, des oiseaux et de tout ce qui remue sur le sol, couple par couple, mâle et femelle vinrent à Noé dans l’arche comme Dieu l’avait prescrit à Noé4.

Noé n’a pas pris en compte la valeur économique des espèces qu’il a recueillies sur son arche.5 Il nous faut donc préserver toutes les espèces sans distinction. Une application extrême du principe de Noé citée par Ehrenfeld mais attribuée au Dr. Bernard Dixon est celle de la sauvegarde du virus de la variole, variola, une espèce en danger : il n'y a, en fait, aucune ligne logique qui peut être tracée. Chacun des arguments avancés par les conservationnistes s'appliquent au monde de la vermine et des microbes pathologiques comme ils s'appliquent aux baleines, aux gentianes et aux flamants roses.

Al Gore défend aussi ce principe :

L'histoire de Noé et de son arche offre des preuves supplémentaires du soutien du Judaïsme pour l'intendance. Dieu ordonna à Noé de prendre dans son arche au moins deux exemplaires de chaque espèce vivante pour les sauver de l'Inondation – un commandement qui peut apparaître sous une forme moderne : Tu préserveras la biodiversité. Le commandement de Dieu ne prend-t-il pas une pertinence nouvelle pour ceux qui partagent la foi de Noé en ces temps de catastrophe mondiale, cette fois de notre propre facture ?

Noé tint compte du commandement, et après que lui, sa famille et un reste de toutes les espèces vivantes eurent survécu à l'Inondation, Dieu fit un nouveau pacte avec lui qui affirme Son engagement avec l'humanité. Souvent négligé est la deuxième partie du pacte, fait non seulement avec Noé, mais avec "toutes les créatures vivantes".6





1Loi américain protégeant les espèces menacées d’extinction

2Ehrenfeld, The Arrogance of Humanism, Oxford University Press

3Ehrenfeld, Thirty Million Cheers for Diversity New Scientist 110 38-43, cité par Takcacs, The Idea of Biodiversity, p254

4Genèse 7:8-9 Traduction oecuménique de la Bible. Éditions du Cerf 1975

5The Idea of Biodiversity , D. Takacs , John Hopkins University Press 1996, p34

6Al Gore, Earth in the Balance, p244-45, Earthscan, London, UK, 2007