Le riz doré est une variété créée par deux scientifiques, Peter Beyer et Ingo Potrikus. Enrichi en vitamine A, il a pour but de combattre un des fléaux majeurs de la malnutrition, la carence en vitamines A, qui provoque cécités et décès en masse chez les enfants des pays pauvres.

Oui, mais voilà, c’est un riz hérétique – car marqué du sceau de l’infamie OGM. Le recours aux biotechnologies combattues par les ONG telles que Greenpeace provoque une opposition virulente de leur part.

Des millions de dollars sont dépensés pour combattre ce beau projet humanitaire. Victimes de leurs propres amalgames, ces organisations craignent que ce riz ne serve de cheval de Troie à la légalisation des plantes rendues résistantes à certains pesticides ou modifiées pour en produire elles-mêmes. Alors qu’il n’en partage aucune propriété.

Certes, les effets bénéfiques du riz doré ne sont pas prouvés et, comme toute chose, il peut avoir ses propres inconvénients. Que pèsent-ils face à la tragédie humaine que ces promoteurs tentent de soulager ? Pour un humaniste, pas grand-chose. Pour des écologistes, il en va tout autrement. Ce riz est un ennemi à abattre. Fin 2019, après vingt ans de luttes, les promoteurs du projet ont enfin obtenu un avis favorable pour leur riz, aux Philippines. C’est encore loin d’être une victoire définitive. Les opposants au riz hérétique ne sont pas près de baisser les bras. Combien d’enfants, depuis vingt ans, privés d’une chance d’éviter la mort ou la cécité au nom de leur inquisition ?