Société civile... Qu'est-ce à dire ? L'origine de cette expression est obscure et son histoire particulièrement complexe et confuse. Elle a pu représenter l’ensemble du monde politique ou tout au contraire, ce qui s’y oppose ou n’en fait pas partie mais généralement sous forme organisée.

Sa popularité actuelle vient incontestablement de son usage par l'ONU. Sur son site, elle a déclaré que La société civile est le "troisième secteur" de la société, aux côtés du gouvernement et du monde des affaires. Elle comprend des organisations de la société civile et les organisations non-gouvernementales. L'ONU reconnaît l'importance du partenariat avec la société civile, parce qu'elle fait progresser les idéaux de l'Organisation et qu'elle appuie ses efforts.

On devine un jeu manipulateur entre l'ONU et le monde des ONG, à qui utilisera l'autre au mieux de ses intérêts propres.

En pratique l'importance sociétale prise par l'environnement a fait que les ONG environnementales censées représenter la société civile ont fini par l'incarner. Dans le langage médiatique et politique francophone, ces organisations sont devenues la société civile elle-même, à l'exclusion des simples citoyens.

Elles réclament – et obtiennent – un pouvoir politique qui sort du cadre démocratique. Et ont reçu le droit d’aller en justice pour faire valoir leurs points de vue idéologiques.

N’ayant aucun compte à rendre à la population ou à la réalité des faits, la société civile est devenue un boulet pour la société réelle, celle de la masse des gens qui maintiennent le tissu social par leur engagement quotidien et subissent de plein fouet les soubresauts de la réalité sociale et environnementale. Un boulet qui pèse de plus en plus lourd.