LUNEP – en français PNUE : Programme Environnemental de Nations-Unies, est l'agence onusienne en charge de l'environnement.

L'acronyme anglais UNEP, plus connu, sera généralement préféré dans ce site sur le modèle de l'UNICEF et de l'UNESCO, rarement traduits.

Son premier directeur en 1972 fut Maurice Strong.


En 1987, les dirigeants de l’UNEP et du WMO (Organisation météorologique mondiale) convinrent de créer ensemble un groupement intergouvernemental pour évaluer la question climatique : le futur GIEC.


Houghton rapporte que, lors des discussions informelles préliminaires, il fut établi qu’il fallait un effort de rédaction des rapports qui les rendent accessibles aux décideurs, aux responsables politiques et au grand public. Et aussi qu’il fallait une distinction claire entre les évaluations scientifiques et les négociations politiques sur les mesures à prendre.

Maurice Strong,avait reproché à Houghton le côté intergouvernemental, qui rendait l’institution inéluctablement politique, suggérant une structure purement scientifique. Houghton répondit qu’ils étaient en fait un corps d’experts scientifiques sans responsabilités politiques, mais que la force de la nouvelle institution était sa nature intergouvernementale, parce qu’il y avait une propriété commune à l’ensemble des gouvernements et scientifiques du monde entier sur la totalité de leurs travaux1.


L’UNEP avait jadis initié un Sabbat de l’environnement. L’idée aurait déjà été émise lors du premier Jour de la Terre de 1970.

Oubliée, elle fut reprise suite à la rencontre de deux événements en apparence sans rapport2 : les Déclarations d’Assise de 1986, organisées par le WWF à la demande du Duc d’Édimbourg et la proclamation par l’ONU que 1987 serait l’année des sans-abris. Pour l’UNEP, ces événements devaient être liés. Noël J. Brown, directeur de l’UNEP pour l’Amérique du nord et John J. Kirk, professeur de sciences environnementales, convinrent que, puisque la science et les technologies ne pouvaient apporter toutes les réponses, les valeurs spirituelles et éthiques étaient essentielles pour des politiques environnementales équitables. Ils invitèrent quelques dirigeants religieux aux nations-unies pour un projet visant à informer les congrégations des périls menaçant la planète.

Le but fut d’instaurer un Sabbat environnemental – un jour de repos annuel pour la planète. L’idée eut pour un temps un certain succès et évolua vers une organisation multiconfessionnelle : l’Interfaith Partnership of the Environment.

En 1999, l’UNEP publia un ouvrage collectif nommé Cultural and Spiritual Values of Biodiversity, téléchargeable sur son site en un fichier intitulé Cultural_Spiritual_the Bible, qui a suggéré le surnom de «Bible» de la biodiversité que nous lui donnons sur ce site.

Le livre développe les aspects religieux et spirituels de la biodiversité esquissés notamment par John Cobb, Michael Soulé ou David Ehrenfeld dans Biodiversity.

Dans son introduction Klaus Töpfer, directeur exécutif de l’UNEP, remarque que la séparation de l’esprit et de la matière semble avoir été l’approche philosophique dominante depuis quelques temps et note qu’une réévaluation de ce principe est en train d’être reformulée par les principales religions mondiales.

Ceci pourrait, selon lui, avoir une profonde répercussion sur la façon dont les personnes et les sociétés perçoivent l’environnement, menant à des actions plus responsables. Car il affirme que ce volume a un message principal : nous devons parvenir à tisser les coutumes soutenant la vie de tous les divers groupes sur terre en une étoffe résistante qui protégera la sainteté de toute vie.

La même année 1999, Töpfer avait déclaré en adresse d’une réunion du Conseil œcuménique des Églises tenue à Bonn :

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Une époque où nous devrons tous signer un nouveau pacte avec notre environnement ... et entrer dans la communauté plus vaste de tous les êtres vivants. Un nouveau sens de notre communion avec la planète Terre doit entrer dans nos esprits3.

Il demandait si, quand Dieu nous a commandé de croître et multiplier et d’exercer notre dominion sur la terre, il voulait que nous nous multiplions au rythme de 80 millions de personnes supplémentaires chaque année ; s’il voulait que nous poussions à l’extinction 150 espèces chaque jour ; que sous notre dominion, le climat soit altéré ; que nous rasions une grande partie des forêts tropicales, que nous répandions des produits chimiques dangereux dans l’environnement, que nous tolérions la pauvreté et les morts d’enfants évitables.

Non, pour Töpfer, ce n’était pas ce que Dieu voulait. Le mot hébreux traduit par dominion signifie avoir la responsabilité du bien-être de la création, non le droit de la détruire4.

Par sa voix, l’UNEP se rangeait clairement du côté de la vision religieuse de la crise environnementale, et plus particulièrement en faveur de la doctrine de l’intendance de la création.

On constate qu’à l’ONU on ne pratique guère de séparation entre l’église et l’état – au sens français du terme. Et qu’aucune neutralité religieuse n’y est à l’ordre du jour.










1Houghton, In the Eye of the Storm, p156

2Selon Libby Basset in Encycl Biodiversity opedia of Religion and Nature, p616 Bron Taylor, Continuum 2008



3UNEP : Earth and Faith – A Book of Reflexion for Action-(2000)

4UNEP : Earth and Faith – A Book of Reflexion for Action-(2000)